‹ Correspondance de Béranger (volume 2)Chapitre 64 sur 162 · A V \1> \M V \ M TOR 111' GO · texte numérisé non relu

A V \1> \M V \ M TOR 111' GO

5 octobrt Ittl!

Chère et excellente daine, lorsqu'à mon arrivée à Paris j'ai trouvé votre lettre du *27> septembre, vous étiez rassurée sur le sort de la première, à laquelle je m'accuse d'avoir trop tardé à répondre, le doute moins de la poste que tous, et je compte bien que ma missive, datée de Normandie, vous est parvenue sans encombre, avec mes excuses pour mou retard. Puis, il faut que je vous l'avoue, je suis un peu paresseux d'écrire : pourtant je suis trèstouché du prix que vous voulez bien mettre à ma correspondance. Nous nous connaissons

depuis si peu de temps ! Croyez-vous que je ne sais pas enoore le nom de votre charmante demoiselle? Vous me le direz, n'est-ce pas? la première fois que vous m'écrirez J'ai pourtant causé plusieurs fois avec elle et n'ai pas oublié les choses sensées que je lui ai entendu dire. Apprend-elle beaucoup d'anglais pour vous servir d'interprète?

Je n'ai encore rien de nouveau à vous conter de Paris, où je suis depuis cinq jours, sinon que nous avons un temps affreux.

Vos fortes santés ne peuvent encore avoir souffert de votre nouveau climat, que d'ailleurs on assure être excellent. Trouvez-vous là à vous faire quelque société? c'est ce qui nous manque partout hors Paris. Thiersne pouvait plus tenir à 1J étranger. Pour qui le connaît, cela ne m'étonne pas. Hugo soutiendra bien la solitude, et nous y trouverons notre compte. Mais vous, chère dame, qui à tout votre esprit ajoutez le bon esprit de ne pas écrire, n'allez-vous pas nous regretter un peu? Croyez que je ne pousse pas Pégoïsme jusqu'à le désirer. Dieu m'en garde! Ne regrettez rien à Paris, j'y consens; mais n'oubliez pas ceux qui vous regrettent, vous, votre mari et vos enfants, noble et belle famille, dont la prospérité était l'honneur de notre pays.

Adieu, madame, chargez-vous de toutes mes amitiés pour votre monde et croyez-moi pour la vie votre dévoué de cœur.

/\ S. Je relisvotre dernière lettre. N'empêchez pas, je vous prie, votre demoiselle de dire « Béranger » tout court; je vois, dans le retranchement de monsieur, quelque chose de bien plus doux que ce qu'il vous plaît d'appeler de Yillutiration; c'est l'effet d'un sentiment affectueux, comme celui qui fait que les petits-enfants tutoient leur grand-père.

il*

A M05S1ET R BAB A \DEGE Y-DCPONT

G octobre 1852.

Une assez Ion 211e visite que je viens de faire à mon vieil ami Dupont de l'Eure m'a empêché de recevoir en son temps votre lettre et les vers qu'elle contenait.

Je ne puis que vous faire les mêmes él"2"es que pour les morceaux qui ont précédé cette nouvelle satire. J'ajoute seulement une remarque, si vous voulez bien le permettre.

Le - décembre est cluse si grave, dans quelque sens qu'on le prenne, qu'il semble que vous eussiez dû étendre ce morceau et l'enrichir de beaucoup de détails, que je regrette de n'y pas trouver, surtout en pensant au parti que la poésie en pouvait tirer.

Vous ressemblez à un paresseux qui. forcé de se mettre au travail, a hâte d'en finir lorsqu'à peine il a commencé. Peut-être vous défiez-vous encore de votre muse, qui me semble pouvoir remplir une plus lon^nie carrière. Selon moi. et en considérant le genre que vous adoptez, ce morceau n'est guère que le quart des vers que cette satire devrait contenir. Courage donc, monsieur ! osez, et vous en recueillerez le prix tôt ou lard.

Je sais la réponse que vous pouvez me faire, et je voudrais que le public pût s'en contenter. Les rimes manquent à notre langue. Ce qui est sans réponse, ce sont les quatre rimes du quatorzième vers; au vingtième il y aussi un hémistiche à changer : Vous avez ouvert l'ère, si désagréable à prononcer.

DE BÉRÀNGER.

CÎXXIV

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