CCLXXVII
A MONSIEUR JOHN T. LÉONARD
5 avril 1856,
La chanson que vous m'envoyez a couru quelque temps à Paris sous mon nom, mais l'erreur n'a pas duré.
Il y a six ans au moins que je ne fais plus de vers, non que j'y aie renoncé, mais l'âge a^complétement tari ma pauvre veine.
Votre compatriote * ne sait pas que je n'ai chanté Napoléon P"" qu'après 1815. Quand on parle d'un individu, si peu qu'il soit, encore devrait-on savoir ce qu'il a fait.
Ne vous occupez pas, du reste, de cette niaiserie qui n'a pas fait de dupes à Paris.
Je ne vous en remercie pas moins bien sincèrement de l'intérêt que vous prenez à une vieille réputation aujourd'hui bien usée.
CGLXXVIII
Vendredi 5.
Que devenez-vous, ma chère enfant, au milieu de votre triomphe qui, sans doute, vous assourdit un peu?
J'espérais que vous me rendriez compte de votre visite à Yillemain, que ma lettre avait préparé autant que cela est possible avec un semblable esprit.
Où en êtes-vous de vos autres affaires? Allez- vous toujours en Italie?
Si vous ne pouvez venir, donnez-moi au moins de vos nouvelles. Je vais un peu mieux depuis avant-hier.
GGLXXIX
A MONSIEUR HIPPOLYTE FORTOUL
AttU 1856.
Mon cher Fortoul, Perrotin me demande de vous recommander de nouveau la méthode Wilhem, qui, dit-il, est menacée gravement par je ne sais quels barbares.
• Le journal le Times avait publié une prétendue chanson de Béranger. L erreur était visible, car on la datait de Passy où Béranger ne demeurait plus depuis 1849.
Vous mêlez- vous de cela? et, en fait de musique, en savezvous plus que moi ? Y pouvez-vous même quelque chose ? Dans mon coin, je ne sais rien de tout cela. Ce que je sais ou crois savoir, c'est que nous avons auprès de vous une protectrice puissante qui, m'assure-t-on, conduit elle-même son fils aux leçons de Hubert.
D'après cela, je vous prie de consulter cette éminente protectrice de la méthode que je viens défendre auprès de M. le ministre : il pourra recevoir de Perrotin tous les renseignements qui sont nécessaires pour faire triompher la méthode Wilhem.
Vous ne vous attendiez pas à une pareille lettre sur un pareil sujet. Je la clos en vous priant de me croire toujours tout à vous. Votre vieil ami.
CGLXXX