AD GOUTBITT DES OISEAUX
23 juillet 1856.
Chère sœur, j'apprends que tu as onvoyc plusieurs fois savoir de mes nouvelles. Rassure-toi : depuis deux mois et plus j'ai été fort malade; mais le mal commence à céder, et j'espère être, dans peu de temps, délivré du mal et des médecins.
Ne t'inquiète donc pas; mais je crains de n'être pas près de te rendre visite rue de Sèvres. Crois pourtant que je ferai tout ce qu'il sera possible pour t'aller voir aussitôt que mes docteurs le permettront.
Adieu, chère sœur, présente l'hommage de mes respects a madame la supérieure, et crois-moi tout à toi de cœur.
Ton vieux frère * .
A MOiNSIEUR GALLY •
n août 1856.
Voilà deux mois que j'ai votre volume, et je ne vous en ai pas encore accusé réception : pardonnez cette lenteur à un pauvre vieillaitl, tourmenté de mille affaires, injurié de côté et d'autre, faible de vue et surtout fort paresseux.
Il y a déjà longtemps, monsieur, que j'ai lu votre excellent volume, qui m'a donne de votre cœur l'idée la plus tou-
enfants de son vieil ami de Jouy. On a remarqué combien toutes ces pages attestent la fatigue et la maladie. Béranger ne vivait plus pour lui, mais pour le bien des autres. Il usait à faire des démarches, trop souvent stériles, le pea de forces qui lui restaient.
* Lettre communiquée par M. de Lagràze.
' Auteur d'un livre intitulé Éloge de la mort.
chante, ce qu'à chaque page j'aurais voulu pouvoir vous exprimefi mais je ne lis pas vite, et je ne prends la plume que le plus tard possible.
EnCn j'arrive, monsieur, et c'est pour vous remercier de renvoi que vous avez bien voulu me faire et du plaisir que j*ai pris à la lecture de votre ouvrage.
Que de gens devraient le lire et le relire ! Tous, monsieur, en vaudraient mieux et s'empresseraient de vous en rendre grâce.
Il y a un tel accord entre notre manière de voir sur tant de choses, que je n*ose vous donner tous les éloges que votre morale me parait mériter : il me semblerait que je me loue moi-même.
Je ne veux pas du moins que vous ignoriez que, depuis deux mois que je vous lis et relis, je me reproche la ligne satirique que j'ai suivie, au lieu de pousser comme vous, monsieur, mes semblables à travailler à l'amélioration de notre triste monde.
Continuez cette sainte entreprise, et puissiez-vous en être récompensé par le bien que vous avez tenté de faire à vos semblables, qui vous ressemblent si peu.