‹ Correspondance de Béranger (volume 5)Chapitre 108 sur 136 · CCLXXXVIII · texte numérisé non relu

CCLXXXVIII

29 juin 1856.

Mon cher monsieur, vous avez pris un bien mauvais commissionnaire pour traiter vos affaires à l'instruction publique. A soixante-seize ans, et souvent malade, je ne mets plus le pied à votre ministère, dont je suis très-éloigné et où je n'ai plus qu'une connaissance, qui, elle-même, garde le lit depuis longtemps. Quant au ministre, il y a plus de deux ans* que je ne l'ai vu.

A défaut de démarches pour ce qui vous concerne, j'ai tâché d'avoir quelques renseignements. Ceux qu'on me donne n'ont rien d'encourageant. Il y a, dit-on, une ligue dans les bureaux pour en fermer la porte aux survenants de province. Le ministre y doit pouvoir quelque chose, mais il faudrait le voir, et, je vous le répète, nous ne nous voyons plus.

Si Reynaud était à Paris, je lui aurais communiqué votre lettre. Mais je le crois en Suisse. D'ailleurs il ne doit pas être plus puissant que moi; tout me le fait craindre.

Vous voyez, mon cher monsieur, que vous avez d'assez piètres appuis, si vous ne pouvez compter que sur lui et moi.

Croyez que je regrette bien sincèrement de ne pouvoir vous servir comme vous aviez droit de l'espérer.

Peut-être se présentera-t-il quelque moyen que je n'entrevois pas encore. Soyez sûr que je le saisirai avec un vrai plaisir.

* M. Fortoul était venu voir, en 1854, Déranger malade.

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