‹ Correspondance de Béranger (volume 5)Chapitre 43 sur 136 · IV · texte numérisé non relu

IV

iU CORRESPONDANCE

moi, elle eut peu à faire et trouva tous les soins que ses infirmités précoces et ses fréquentes maladies nécessitaient.

Malheureusement, une nouvelle attaque de paralysie est venue la frapper il y a trois semaines. N'ayant pu la garder dans la pension bourgeoise où je suis, je l'ai fait transporter à l'hôpital Beaujon, où, en payant, je la fis mettre dans une chambre seule. Je voulus aussi que le médecin qui l'avait vue d'abord lui continuât ses visites à l'hospice. Malgré tous les soins, elle expira le 7 juillet dernier.

Cette mort, monsieur, est l'occasion qui me fait recourir à votre obligeance.

Hyacinthe-Narcisse Chevalier n'a pas laissé de papiers qui puissent nous faire connaître sa famille. Seulement, elle m'a dit être née à Béthune ou dans les environs, avoir dans cette ville un frère ouvrier, veuf avec enfants, et une mère infirme à l'hospice de votre ville.

Elle laisse en mourant quelques bardes, un chétif mobilier, qu'à ma recommandation l'excellent curé de la Madeleine avait donné au vieux maître qu'elle servait il y a deux ans et qu'on ne réclame pas. Le tout est estimé de 45 à 50 francs. Hyacinthe n'avait que 7 francs d'économies en argent.

Vous serait-il possible, monsieur, de découvrir la mère et le frère d'Hyacinthe Chevalier et de me faire autoriser par eux à vendre les effets qu'elle laisse, effets qui ne valent guère le prix du transport? Je leur en ferais passer le prix par la poste, bien entendu sans aucune retenue pour les frais de la dernière maladie. Ceci ne regarde que moi.

Telle est, monsieur, l'objet de cette longue lettre, qui m'a semblé rentrer dans les attributions paternelles de

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votre haute magistrature, et qui me fournit l'occasion de vous offrir l'hommage de mes sentiments les plus distingués ^

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