A MONSIEUR BROC
27 décembre 1853.
Pourquoi n'êtes-vous pas venu hier, mon cher Broc? 550 francs vous attendaient pourtant et vous attendent encore. Ne vous avisez pas de retarder, car en mes mains l'argent fond vite. Je sais que vous élevez des dillicultés sur ce règlement de compte. Mais, comme vous ne voudriez pas vous brouiller avec moi, j'espère bien que vous ne chicanerez pas sur ce que je vous dois. Vous ne pouvez oublier que je vous ai chargé d'être mon banquier auprès de Chintreuil. Vous devez donc rentrer dans vos avances, et j'aurai encore à vous remercier des soins donnés à cette affaire ; Chintreuil et moi nous vous serons toujours redevables. Hâtezvous donc de me laisser payer ce qui se paye avec de l'aigcnt. Je vous attends donc, et à dîner, bien entendu, dimanche ou tout autre jour, à votre choix. Jeudi ne serait pas mal : les Lemaire y seront.
Nous plaçons à la date de l'année 1854 une série de lettres qui ont été publiées, hors de France, sous forme d'extraits et sans ordre, comme sans éclaircissements, par madame de Solms (née Marie Wyse-Bonaparte), petite-fdle de Lucien.
Madame de Solms, en nous les faisant remettre, n'a rien ajouté qui pût servir à compléter et à classer ces fragments. Nous les reproduisons donc exactement tels qu'elle les a donnés dans l'ouvrage intitulé : Bérangei\ quelques lettres inédites (Genève, 1858). Mais ces lettres embrassent une période de huit ou neuf IV 51
années, et si nous les insérons toutes au commencement de l'année 1854, c'est uniquement parce que cette date de 1854 est la plus ancienne de celles qui ont été conservées par l'éditeur. Déranger aimait en madame de Solms la petite-fille de son protecteur, et il lui savait gré de ce qu'elle conservait le goût des lettres et des arts, qui a distingué si particulièrement parmi les membres de la famille Bonaparte, le prince de Canino et ses enfants.