CLXXXVII
Mars 1855.
Du latin à moi, chère enfant! que vous ai-je fait pour mériter cette cruelle plaisanterie? Je ne comprends pas, voilà tout ce que je puis répondre à votre charmant envoi. Je n'ai jamais su décliner musa, la muse, ni rosa, la rose, et mes études classiques se sont bornées à la première page du de Viris illustribus. L'on m'a toujours accusé d'avoir imité Horace : reproche plaisant, moi qui ne le connais que par des traductions. C'est très-mal à vous, méchante enfant, de m'avoir contraint à vous avouer mon ignorance. Ne m'envoyez donc plus de latin. Notre pauvre Fély* n'est, hélas! plus là pour vous traduire, et votre serviteur n'a jamais su parler que la langue du bon roi Dagobert. Pardonnez-lui donc, et ne lui en voulez pas, s'il vous aime, vous comprend et vous chante en français; que vous importe de plus?