Claude Fleury a Bossuet
Monseigneur, J'étais à Villeneuve1 quand je reçus votre lettre, qui2 fut
dont il sera parlé plus loin, entre les catholiques et les protestants, et qui avait pour auteur le ministre Dubourdieu.
Lettre 296. — Claude Fleury (1640-1728) avait d'abord été avocat, puis, ayant embrassé l'état ecclésiastique, avait été chargé de l'éducation des princes de Conti et ensuite de celle du comte de Vermandois. Louis XIV lui donna, le Ier septembre i684, l'abbaye de Loc- Dieu, qu'il abandonna après avoir reçu, en 1706, le prieuré d'Àrgenteuil. Fleury fut, en 168g, nommé sous-précepteur du duc de Bourgogne. Il remplaça, en 1696, La Bruyère à l'Académie française. Il fut intimement lié avec Bossuet et avec Fénelon. Très nombreux sont les ouvrages qu'il composa ; le plus célèbre est l'Histoire ecclésiastique, Paris, 1691 et années suivantes, 20 vol. in-4. Nous avons vu plus haut, t. II, p. i85, qu'il traduisit en latin l'Exposition de Bossuet. Il mourut, le 1 4 juillet 1723, aussi remarquable par les belles qualités de son caractère que par son érudition (Voir Niceron, Mémoires des hommes illustres, t. VIII, p. 58g, et t. X, p. 182).
1. Villeneuve-le-Boy. C'est clans ce château que Bossuet était allé se rétablir à la suite d'une grave maladie en 1676 (Voir tome I, p. 3g8). L'abbé Fleury adresse sa lettre à Faremoutiers, où l'évêque de Meaux se trouvait, le 25 septembre, recevant des mains du curé de Saint-Sulpice le cœur de la Princesse Palatine, et, le 26, officiant au service funèbre célébré dans cette abbaye pour la princesse.
2. Qui, ce qui. « Ils lui offrirent des tigres, qui fut une chose nouvelle aux Bomains » (Coeffeteau, Histoire romaine, Paris, 1621, infol., p. 2i4-) Cf. Molière : « Il veut vous faire mamamouchi, qui
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mardi sur les huit heures du soir. Je n'arrivai ici hier qu'environ à la même heure, parce que, n'étant pas maître de ma voiture, je ne pus partir aussi tôt que j'aurais désiré. J'eus encore le temps d'envoyer chez le médecin, qui me manda que M. l'abbé de Varès3 était très mal et qu'il devait recevoir ce matin le Viatique. Il l'avait déjà reçu quand je suis arrivé chez lui, qui était sur les huit heures et demie. On m'a dit qu'il m'avait demandé, et il a témoigné être bien aise de me voir. Je lui ai trouvé la poitrine fort engagée, grande difficulté de parler et même d'ouïr, mais la connaissance entière et les sentiments très chrétiens. Je lui ai dit quelques paroles de saint Paul, sachant qu'il le méditait continuellement, et quelques versets des Psaumes, surtout In domum Domini ibimusk ; sur quoi, il a témoigné une grande consolation de penser à la sainte Cité et à la bonne compagnie que l'on y trouvera. J'ai continué à lui dire quelques paroles de l'Ecriture, de temps en temps, et j'ai vu comme il les goûtait par ce qu'il ajoutait de lui-même. Il a voulu reposer ; et j'ai été aux Filles de Saint-Thomas5, où j'ai dit la
est une certaine grande dignité de son pays » (Le Bourgeois gentilhomme, IV, m.). « Souhaitant que la princesse sa fille se résolût à aimer et à penser au mariage, qui était fort contre son inclination » (La princesse d'Elide. I, Argum.).
3. L'abbé de Varès était originaire de Toulouse, et probablement de la même famille que Jean de Varès, fils de Gabriel de Varès et de Martbe d'Ambès, dont la noblesse fut vérifiée, en 1669, par Bazin de Bezons. Son nom est quelquefois écrit Varet ou Varez, et on a pu le confondre avec Noël Varet, docteur en théologie et prêtre habitué à Saint-Eustacbe. Il avait d'abord été employé à faire des notices et des extraits d'anciens historiens français pour l'éducation du Dauphin. « L'abbé de Varès, dit Ledieu, d'un esprit ferme et très solide, disciple et commensal de Bossuet, fut fait par son crédit garde de la Bibliotbèque du Roi en 168/1. » Ce poste valait mille écus par an, sans compter le logement (Journal de Dangeau, i5 avril i684)- Cet ecclésiastique paraît bien être le même que François de Varès, qui, le 5 décembre 1678, fut à Versailles, avec Louis de Cordemoy, témoin d'un acte de Bossuet (Voir t. II, p. 92, lettre i84, note 2).