A Ulrich Obrecht
A Meaux, 26 mars 1686.
Monsieur, Vous voulez bien que je vous donne avis que je
oncle, qui était évêque de cette ville (Cf. V. Verlaque, Lettres inédites de Fénelon, p. 3g et 00).
it. Les missionnaires étaient arrivés à La Tremblade, le 6 février 1686, au nombre de six : les abbés de Fénelon, de Langeron, de Saire, de Tournie, Géraud de Cordemoy et Jacques de Cordemoy de Narcé, son frère (L. Audiat et J.-A. Lételié, la Mission et la Chaire de Fénelon à La Tremblade, La Rochelle, i8"4, in-8).
12. La Tremblade, petit port, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Marennes. Sur le séjour qu'y fit Fénelon et sur la mission de Saintonge en général, voir Bausset, Histoire de Fénelon, livre I, n° k~ et suiv. ; L. Audiat et J.-A. Lételié, la Mission et la Chaire de Fénelon à La Tremblade; André Lételié, Fénelon en Saintonge, Paris, i885, in-8; L. Crouslé, Fénelon et Bossuet, Paris, 189^, 2 vol. in-8, t. I, 7i-i58.
Lettre 315. — L. a. s. Bibliothèque de l'Arsenal, ms. 6769. Publiée pour la première fois par M. Jules Schwartz, dans la Revue Bossuet de juin 1907, p. 3 et suiv. — Llrich Obrecht descendait de Georges Obrecht, célèbre jurisconsulte mort en 1612, et était fils d'un autre Georges Obrecht, décapité en 1672 pour des raisons politiques. Né à Strasbourg le 23 juillet i646, il s'était promptement signalé par l'étendue de ses connaissances. Il fut professeur de droit et d'histoire, et avocat général dans sa ville natale ; il épousa la fille du fameux humaniste Jean-Henri Boeder. Etant allé, en 1680, à Strasbourg au-devant de la future Dauphine, Bossuet vit Obrecht. Celui-ci, à son tour, vint à Germigny et y abjura le luthéranisme le 10 octobre i684, à la suite des entretiens qu'il eut avec Bossuet. Peu après, en i685, il fut nommé préteur royal, et, à ce titre, chargé de soutenir à
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ferai charger la voiture publique de Strasbourg d'un paquet où il y aura trois oraisons funèbres de feu M. le Chancelier et autant de lettres pastorales que j'adresse aux convertis de mon diocèse, pour vous et pour les PP. Dez1, recteur des Jésuites, et Perrin2. Je vous prie d'avoir cette liberté agréable.
Il y a déjà longtemps que l'agent de la ville de Strasbourg, que j'ai connu à votre occasion, me demanda un billet à M. de La Reynie pour retirer un paquet de livre[s] qu'il me dit que vous m'envoyez3. Je n'en ai point entendu parler depuis, et ne me souvenant pas par malheur du nom ni de la
Strasbourg les intérêts français. Il entra pleinement dans les vues de Louis XIV, qui lui confia plusieurs missions diplomatiques. Il mourut le 6 août 1701. Son fils, Jean-Henri Obrecht lui succéda dans sa charge de préteur royal, mais fut bientôt disgracié. Ulrich Obrecht a publié de nombreux travaux d'histoire et de philologie, tels que : De legibus agrariîs populi romani, Strasbourg, 1674, in-4; Alsaticarum rerum Prodromus, Strasbourg, 1681, in-4 ; des éditions des Historiœ augustx scriptores VI cum notis, Strasbourg, 1677, in-8, de Dictys de Crète, Strasbourg, 1691, in-8 ; de Quintilien, Strasbourg, 1698, in-4- Ses papiers se trouvent en partie à la Bibliothèque de l'Arsenal (Cf. les Mémoires de Trévoux, nov.-déc. 1701, janv.-févr. 1702 ; Ledieu, t. I, p. 173, 180, 229; t. II, p. 201 ; Niceron, Mémoires, t. XXXIV; le Dictionnaire de Chaufepié ; Haag, la France protestante; Bod. Beuss, V Alsace au XVIIe siècle, Paris, 1897, 2 vol. in-8, et De Scriptoribus rerum alsaticarum. Strasbourg, 1898, in-8 ; Correspondance politique adressée au magistrat de Strasbourg, éd. E. de Bouteiller et Hepp, Paris, 1882, in-8).
1. Jean Dez (1643-171 2), jésuite, fut à plusieurs reprises recteur du collège de Strasbourg, de i684 à 1691, de 1704 à 1708 et enfin de 171 1 à 1712. Son livre : La réunion des protestons de Strasbourg à l'Eglise romaine, etc., Strasbourg, 1687, in-12, approuvé par Bossuet, fut traduit en allemand par Obrecht.
2. Le P. François Perrin (1638-1716), jésuite, né à Bodez, était alors professeur au séminaire de Strasbourg.
3. Sans doute pour: que vous m'envoyiez. Cf. p. 121, note II.
204 CORRESPONDANCE [avril 1686
demeure de cet homme4, je vous prie de lui écrire un mot sur ce sujet-là.
Je vous serai aussi très obligé de vouloir bien me donner quelque instruction sur les diverses éditions de la Confession d'Augsbourg3, à cause des variétés qui s'y trouvent, surtout à l'égard de l'article X.
J'entends toujours avec joie les grands biens que Dieu fait par votre moyen à l'Eglise et au public. Personne ne sera jamais avec plus d'estime ni de passion, Monsieur, votre très humble serviteur. J. Bénigne, é. de Meaux.
Suscription : Monsieur Obrecht6, prévôt royal, à Strasbourg.