André Bouret fut notaire jusqu'en i
6. Sans doute l'abbé de Cornouaille, vicaire à Saint-Eustache, qui assista, de concert avec Bourdaloue, Colbert à la mort (Mercure, sept. i683). Un certificat délivré par cet abbé en 1681 est visé dans un acte de l'état civil de Dammartin, et un autre, de 1687, à Reuil. Il mourut en juin i6ç)4- Il avait été prieur de Saint-Léonard de Montataire.
7. Ce nom se lit sur une quittance en tète d'une copie manuscrite de trois ouvrages de Bossuet, en deux volumes in-4 conservés à la Bibliotbèque royale de Bruxelles (n° 34a6) « J'ai reçu de Monsieur Froment la somme de trois cent livres pour la copie que j'ai écrit de la .Morale, de la Métaphysique et de l'Histoire de France de Monseigneur l'évèque de Meaux jusqu'à Charles IX inclusivement. Fait à Paris, ce mercredi igme novembre 1687. Pessole. j> (Cf. dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique, t. XVII, irc partie, i85o : Sur trois manuscrits inédits de Bossuet... Notice par M. le Chevalier Marchai, p. 283). Ce Pessole paraît être compatriote de l'abbé de Varès. N'était-il point parent d'un M. Pessoles, prêtre, mort à Toulouse en 1648 ? (A. Rébelliau, La Compagnie secrète du Saint-Sacrement, Paris, 1908, in-18, p. 69.)
8. Nicolas Clément, né à ïoul en 1(347, ava'1 d'abord été employé
III — a
18 CORRESPONDANCE [sept. i684
d'un côté M. l'abbé de Saint-Luc9, et de l'autre M. de La Chapelle10. Cependant je m'en suis allé dîner chez M. l'abbé
avecCarcavi àla bibliothèque de Colbert, puis avait été chargé (1670) du département des estampes à la Bibliothèque du Roi. En 1692, il y succéda, comme garde, à Melcliisédech Tbévenot et travailla activement aux catalogues de cet établissement. Il mourut le 16 janvier 171 2. Il a publié : l'Idée d'une nouvelle manière de dresser le catalogue d'une bibliothèque. S. 1. n. d. [1697], in-fol. ; et la Défense de l'antiquité de la ville et du siège épiscopal de Toul contre la préface d'un livre (de l'abbé Riguet), qui a pour titre : Système chronologique et historique des èvêques de Toul, Paris, 1702, in-8 (Voir Le Prince, Essai historique sur la Bibliothèque du roi. édition L. Paris, i85(j, in-12; Léopold Delisle, le Cabinet des manuscrits, Paris, 1868, in-4, t. I).
9. Louis d'Ëpinay de Saint-Luc, abbé de Saint-Georges de Boscherville, au diocèse de Rouen, était fils de François II d'Ëpinay de Saint-Luc, lieutenant général en Guyenne, et d'Anne de Buade. En 1676, il avait acheté une charge d'aumônier du Roi. C'est en lui donnant pour successeur l'abbé de Beuvron (24 mars i685), que Louis XIV décida qu'à l'avenir ses aumôniers ne pourraient plus vendre leur charge (Archives Nationales O1 29, f° i65, v°). L'abbé de Saint-Luc était docteur de Sorbonne depuis le 3o décembre 1680. Il avait fait partie de l'Assemblée de 1682 et s'était signalé par la violence de son discours, lorsque la Faculté de théologie, en i683, avait examiné la censure portée par l'archevêque de Strigonie contre la Déclaration des quatre articles (Cf. V. Davin, Quarante cinq assemblées de la Sorbonne, p. 187). On dit même que ses opinions jansénistes l'avaient fait écarter deux fois de l'épiscopat. « ...Il a beaucoup de mérite et une grande liaison avec M. de Meaux, et ceux qui l'ont empêché d'avoir Rodez, ne voudront pas voir à Ypres un homme si conforme en sentiment aux principaux possesseurs de ce siège... » (Lettre du 17 juin i684, Bibl. Nationale, fr. 235 10, fJ 293.) L'abbé de Saint-Luc devait mourir quelques jours après François de Varès, le 7 octobre (Voir p. 29).
10. Henri de Bessé (al. de Besset), seigneur de La Chapelle et Milon (près de Chevreuse), était fils de François de Bessé et de Marie Simon. Il était devenu le neveu de Boileau, le 4 novembre 1668, par son mariage avec Charlotte Dongois, fille de Jean Dongois, greffier de la Chambre de l'édit, et d'Anne Boileau, sœur du poète. Il succéda à Charles Perrault dans la charge de contrôleur des bâtiments du Roi, en 1 683. C'est par lui que furent certifiées les dépenses de la Bibliothèque du Roi pendant les mois qui séparèrent la mort de l'abbé de Varès de la nomination de son successeur. Louvois avait voulu qu'il assistât comme secrétaire aux séances de la petite Académie, qui de-
sept. i684] DE BOSSUET. 19
Renaudot11, pour ne pas m'éloigner en cas qu'on eût besoin de moi. M. l'abbé de Saint-Luc y est venu, qui nous a conté ce qui s'était passé, et comme M. de La Chapelle s'était chargé des clefs, suivant l'ordre qu'il avait de M. de Louvois12; ainsi n'ayant plus rien à faire à la Bibliothèque, je n'ai pas cru devoir y retourner. J'espère aller demain à l'enterrement et m'en retourner samedi à Villeneuve, où M. le Contrôleur général13 doit être encore huit jours. Après cela, j'espère vous aller trouver si vous ne m'ordonnez le contraire.
M. l'abbé Renaudot14 se réveille vivement en cette occa-
vint plus tard l'Académie des Inscriptions. M. de La Chapelle figure dans les Comptes des bâtiments du Roi (édit. Guiffrey, t. III, in-4°, p. ia5 et 43g) pour une gratification de quinze cents livres, « en considération de son application aux belles-lettres ». Il mourut le 8 mars 1694, laissant deux enfants, Jean-Henri et Anne de Bessé. Celle-ci épousa en 1697 Etienne Ferrant de Saint-Dizant, qui fut intendant des menus. Son frère, que Boileau appelle dans ses lettres son neveu et qui était en réalité son petit-neveu, fut conseiller au Parlement de Metz, puis premier commis de M. de Pontchartrain, et épousa, le 9 février 1697, Elisabeth Cliardon (Voir à la Bibliothèque Nationale, les Dossiers bleus et les Carrés d'Hozier, la généalogie de Boileau dans l'édition Berriat Saint-Prix, t. III et IV ; Le Prince, Essai sur la Bibliothèque du roi, Paris, 1806, in-12 ; A. Maury, L'ancienne Académie des Inscriptions, Paris, i864, in-18 ; A. Fabre, Chapelain et nos deux premières Académies, Paris, 1890, in-8 ; Article de Ch. Urbain dans la Revue d'histoire littéraire de la France, octobre 1909).
11. Les bureaux de la Gazette étaient situés aux Galeries du Louvre, vis-à-vis de la rue Saint-Thomas ; mais l'abbé Renaudot demeurait alors au Cloître Saint-Honoré, rue Saint-Honoré (Nouv. a. fr. 7/(97). Il devait mourir rue Richelieu (Dictionnaire de Jal.).
12. Ce ministre avait obtenu pour son fils, Camille Le Tellier, âge de neuf ans, et depuis abbé de Louvois, les charges de maître de la librairie, garde de la Bibliothèque du Roi et d'intendant du cabinet des médailles, à condition que les fonctions en seraient faites, sous la surveillance du marquis de Louvois, par des commis, tels qu'avait été l'abbé de Varès. Les provisions en faveur de l'abbé de Louvois, après la démission de l'abbé Bignon et de l'abbé Colbert, sont du mois d'avril i684 (Archives Nationales O1 28, f° i3osq.).
i3. Claude Le Peletier, contrôleur général des Finances. i4- L'abbé Eusèbe Renaudot, né à Paris, le 22 juillet i648, était fils du médecin Eusèbe Renaudot et petit-fils de Théophraste Renau-
20 CORRESPONDANCE [sept. 1684
sion et remue toutes les machines dont il se peut aviser. Vous le verrez par cette lettre de M. le Prince. Je l'ai assuré
dot, médecin et fondateur du Bureau d'adresse et de la Gazette de France. Après plusieurs années passées dans la congrégation de l'Oratoire, il en sortit et s'adonna surtout à l'étude des langues orientales. Il fut l'un des plus assidus parmi les familiers de Bossuet, et en même temps l'ami des Bénédictins, des théologiens de Port-Royal et du P. Quesnel. Il continua la Perpétuité de la foi, dont Arnauld et Nicole avaient donné les trois premiers volumes, et publia une Historia Patriarcharum Alexandrinorum Jacobitarum, Paris, 171 3, in-4 ; les Anciennes relations des Indes et de la Chine, Paris, 17 18, in-8. En même temps, il rédigeait la Gazette, dont il avait obtenu après son père le privilège, et il travaillait au ministère des Affaires étrangères, où sa connaissance de la langue anglaise lui permettait de rendre des services appréciés. Il fut prieur de Cliâteaufort, au diocèse actuel de Versailles, et de Frossay, au diocèse de Nantes, historiographe du Roi, membre de l'Académie française (1689) et de l'Académie des médailles (1691). Il mourut le 1e1' septembre 1720, laissant la réputation d'un orientaliste de premier ordre (Voir Niceron, Mémoires, t. XII et XX; Ant. Villien, l'Abbé Eusebe Renaudot, Essai sur sa vie et sur son œuvre liturgique, Paris, igo4, in-18).
Lorsqu'il avait fallu, une première fois, nommer un commis à la Bibliothèque du Roi, Renaudot, comme l'abbé Gallois qui y travaillait déjà du temps de Colbert, s'était mis sur les rangs, et il avait été très mortifié de se voir préférer l'abbé de Varès. Il exhalait ainsi sa mauvaise humeur dans une lettre à Thoynard, du 3o avril i684 : « M. de Meaux a fait mettre un nouveau garde à la Bibliothèque, qui est un sale abbé de Varèse, que vous avez vu condomofage et qui n'a guère de qualités propres; on avait proposé M. du Cange. Ce choix aurait été applaudi, mais on a dit qu'il était trop âgé. » (Bibl. Nat. n. acq. fr. 563, f° 820 verso). L'abbé Bernou, son correspondant de Rome, avait dû consoler Renaudot de cet échec : « ...Votre honneur, lui avait-il écrit à cette occasion, ne dépend pas de cet emploi, et vous avez plus de sujet d'être content que M. l'abbé Le Gallois, qui n'avait point d'autre reproche que d'avoir été attaché à M. Colbert, et vous avez à peu près le même péché, tant à cause de votre privilège (de la Gazette), qui vous attache à M. de Croissy, que parce que vous aviez d'autres liaisons, et point du tout ou très peu de l'autre côté. D'ailleurs, vous aviez affaire à un Gascon (l'abbé de Varès), qui aura sans doute pris ses mesures de loin et qui aura peut-être obligé malgré lui M. de Meaux, à qui il faisait la cour, de le nommer; outre que, quelques talents que vous ayez, vous n'avez pas ceux qui vous auraient été nécessaires pour le disputer à un voisin de la Ga-
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qu'elle était fort inutile, et que vous étiez autant bien disposé à son égard qu'il le pouvait souhaiter. Toutefois, puisqu'elle est écrite, il a fallu vous l'envoyer13. M. l'abbé de Saint-Luc lui a offert très honnêtement ses bons offices auprès de M. l'archevêque de Reims, et lui en doit écrire dès aujourd'hui. Pour moi, Monseigneur, si on me faisait l'honneur de m'en demander mon avis, vous savez ce que je vous en ai dit plusieurs fois, et que, pour le bien de la chose, sans aucun égard des personnes, je n'en vois point qui convienne mieux à cet emploi que lui. Au reste, la Gazette ne l'occupe pas autant que je pensais. Il ne laisse pas d'étudier beaucoup d'ailleurs : ce qu'il écrit en fait foi, et le commerce qu'il a avec tous les savants, dedans et dehors le royaume, ferait honneur à ceux qui le choisiraient. Je ne manquerai pas d'en dire ma pensée à M. le Contrôleur général.
M. l'abbé de Varès a l'avantage d'être regretté de tout le monde. M. l'abbé Gallois16 m'en parla avec de grands sentiments d'estime la dernière fois que je le vis, et, prévoyant ce malheur, il le regrettait par avance. Le pauvre M. Clément, quoiqu'il eût eu les petits chagrins que vous savez, ne laisse pas de le regretter, craignant de trouver pis. Il est tout étourdi de ces changements, et mérite que l'on prenne soin de le conserver. Le pauvre M. Pessole me fait grande compassion, et je ne sais ce qu'il deviendra ni ce qu'on pourra faire pour lui. Mais il est inutile, Monseigneur, de
ronne... » (Lettre du 16 mai i684, Bibl. Nationale, n. a. fr. 7^97, f° 128). Cette fois, sans attendre la mort du titulaire, Benaudot intéresse à sa candidature des personnages influents: « La commission à la garde de la Bibliothèque du Boi est prête à vaquer, parce que l'abbé de Varès est malade à l'extrémité, et sa maladie est d'une espèce à n'espérer aucune guérison. J'avais été proposé ci-devant, et je crois que l'affaire n'avait pas réussi, parce que j'avais mal pris mes mesures, m'en étant avisé trop tard. M. de Meaux me fait espérer de me servir fortement; mais je crois qu'il le fera encore de meilleur courage, si V. A. veut bien lui écrire en ma faveur. » (Lettre à Condé, du 26 septembre i684, aux Archives de Chantilly.)
i5. C'est la lettre 3oo, p. 261.