A la Supérieure des Ursulines de Meaux
A Meaux, 18 juillet 1686.
J'ai lu, ma Fille, avec beaucoup d'attention votre
Lettre 391. — 1. Il a été parlé de Mme de Chevry dans la lettre du 18 juin 1686.
Lettre 398. — Depuis les élections faites au mois de mars 1686 (Cf. lettres 366 et 371, p. 178 et i$5), la supérieure des Ursulines ne devait plus être la Mère Marguerite Morin de Sainte-Agnès. En effet, chez les Ursulines, les supérieures, élues pour trois ans, ne peuvent être maintenues en fonctions plus de six années consécutives. La Mère de Sainte-Agnès, qu'on a vue supérieure en novembre 1682 (t. II, p. 333) et qui l'était par conséquent depuis 1680, avait été continuée en iC83 pour une période de trois ans : elle n'était donc plus rééligible lors du vote de 1686. Elle fut d'ailleurs nommée de nouveau en 1O89 et en 1692, comme le prouvent des circulaires
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lettre, celle de la Mère dépositaire1, et les deux de M. André '\ Après y avoir fait devant Dieu une sérieuse réflexion, je ne trouve point à propos ce voyage 3 de M. André, qui ne pourra que réveiller le trouble des esprits, et sera trop court pour l'apaiser. C'est peu pour celles qui se persuadent d'avoir besoin de son secours, de ne le voir qu'en passant; les autres qui auraient le même désir, se feront mille sujets de plainte de l'impossibilité ou du refus ; en un mot, c'est occasionner de nouvelles affaires. Je suis satisfait au dernier point des dispositions que je vois dans la Mère dépositaire : elles sont selon Dieu et selon mon cœur, qui en cela, j'ose le dire, est selon Dieu.
Je parlerai, s'il est nécessaire, à M. André; mais comme ce qu'il témoigne le plus désirer, c'est un
funèbres signées d'elle en 1691 et en i6g4 (Bibl. de l'Arsenal, ms. ^ggi-gS.) iNous ne savons qui fut supérieure durant ce triennat (1686- 1688). Ce fut peut-être la Sœur Françoise Ronssin de Saint-Paul, qui mourut le 9 décembre i6g3, et qui, en trente-six ans, avait occupé successivement toutes les principales charges de la maison (ms. 4991)- Peut-être fut-ce la sœur Louise Desmarquets de Saint-Joseph, que la qualité d'assistante, dont elle était alors revêtue, semblait plus particulièrement désigner aux suffrages des votantes de 1686. (Procès -verbal du 17 janvier j 686 pour les religieuses Ursulines contre les échevins de la ville de Meaux, signé des Sœurs alors en charge. Collection de M. Le Blondel, à Meaux).
1. Dépositaire, dignitaire, qui avait « la garde des archives, des titres et de l'argent » du couvent (Dictionnaire de Trévoux).
2. M. André avait été naguère confesseur des Ursulines de Meaux. Estimant que la direction de cet ecclésiastique était une cause de division pour la communauté, Bossuet lui avait retiré son emploi et l'avait remplacé par M. de L'Isle (Voir p. 178).
3. M. André avait l'intention de reparaître chez les Ursulines pour consoler les religieuses qui lui étaient attachées et qui avaient de la répugnance à s'adresser à leur nouveau confesseur.
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témoignage de sa conduite4, le mien sur ce point lui doit tenir lieu de tout ; et afin qu'il l'ait aussi authentique qu'il le pourra désirer, je vous envoie cette lettre ouverte, que vous ou la Mère dépositaire pouvez lui envoyer.
Vous pouvez dire aussi à la Sœur de La*** °, que le désir qu'a M. André de la mettre en repos une bonne fois est très louable, mais impossible : on ne finit pas en une fois de telles peines. Je prendrai soin d'elle ; et, si elle a à recevoir quelque soulagement dans les angoisses où Dieu permet qu'elle tombe, ce ne peut être par ce qui passe ; c'est un secours permanent dont elle a besoin6.
Ceci sera commun, s'il vous plaît, à vous et à la Mère dépositaire ; le surplus sera pour la Mère assistante. J'aurais fort désiré de la voir avant mon départ, et d'entendre d'elle-même ce qu'elle vous a dit, qui est l'abrégé pour elle de ce qu'elle doit présentement à Dieu. L'abandon à la Providence et à la conduite des supérieurs pour l'avenir, et, à l'égard
4. M. André désirait obtenir un certificat qui lui permît de trouver un autre emploi. On le verra plus tard établi dans le diocèse de Troves, où il sera rejoint par sa sœur, qui d'abord avait fait partie de la Communauté des Filles charitables de La Ferté-sous-Jouarre. Jusqu'à la fin, il conserva de la sympathie pour les Lrsulines de Meaux, et il fit chez elles une fondation de messes. « Je fus député (par le Chapitre) avec le Doyen pour aller aux Lrsulines f;iire, avec la Supérieure et les officières, la nomination des chapelains qui acquittent leurs messes fondées par le sieur André, ci-devant leur confesseur. » (Ledieu, Journal, 3o décembre 1705, dans Gh. Urbain, h' Abbé Ledieu, historien de Bossuet.)
5. Cette Sœur de La *** peut être celle dont il a été parlé dans la lettre du 20 février.
6. C'est... dont. Nous dirions aujourd'hui: C'est d'un secours permanent qu'elle a besoin.
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des choses passées, faire tout nouveau, selon la parole de l'Epoux dans l'Apocalypse 7 : voilà ce que Dieu veut.
Tout à vous en la charité de Notre-Seigneur. J. Bénigne, é. de Meaux.