Ce renseignement était exact
6. « Le i5 (novembre), le Roi, accompagné de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dauphine, de Monsieur et de Madame, revint de Fontainebleau à Versailles, et Sa Majesté y trouva Monseigneur le duc de Bourgogne et Monseigneur le duc d'Anjou en parfaite santé. » (Gazette du 18 novembre 1684.)
Lettre 309. — L. a. s. Bibl. Laurenziana. Publiée par M. Verlaque et par M. Guillaume en 1877.
i . Nous ignorons de quelle ode il est ici parlé, à moins que ce ne soit celle qui est intitulée Carmen nuptiale Ludovico Delphino et Vicloriœ
déc. 1684] DE BOSSUET. £7
plus de plaisir vos excellents dialogues2, que je souhaitais, il y a longtemps, de revoir.
Je suis, comme vous savez, Monsieur, très parfaitement à vous.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Suscription : Pour M. l'abbé Huet, rue d'Enfer, proche les Chartreux.
3 10. — A l'Abbé de Rancé.
A Paris, 8 décembre 1684.
J'ai enfin obtenu le congé du P. Muguet1. J'ai fait de nouvelles instances depuis la lettre où vous m'assurez que, pour obvier aux conséquences, vous vous engagiez à n'écouter dorénavant aucun des religieux qui voudraient aller chez vous, pourvu qu'on accordât la liberté à celui-ci. Je fis d'abord parler
Bavaricœ, et qui a été publiée dans le Huetiana, Amsterdam, 1728, in-12, p. 43o.
2. De Interpretatione libri duo, de l'édition publiée à La Haye en i683, in-8. La première édition avait paru à Paris, 1661, in-^. Voir la lettre de Bossuet du 8 juillet 1680, et Huet, Commentarius, p. i5a et i53.
Lettre 310. — Bévue sur la copie authentique qui se trouve à la Bibliothèque Nationale, f. fr. i5i8o, p. \!\.
I. Le P. Pierre Muguet, fils de François Muguet, imprimeur, et éditeur des ouvrages de Bancé, faisait partie de la Congrégation de Saint-Maur depuis l'année 1676, et sollicitait l'autorisation de passer à la Trappe, où la règle était plus sévère. Ses supérieurs refusèrent longtemps d'accéder à ce désir, et ils ne s'y résignèrent que sur les instances de Bossuet.
48 CORRESPONDANCE [déc. i684
parle P. Mabillon2, qui me rapporta une négative dont il me paraissait un peu étonné. Dieu m inspira de faire parler plus fortement par Dom Bretaigne, prieur de Saint-Germain-des-Prés 3, qui me vint dire hier positivement, de la part du P. Général4,
2. Dom Muguet s'était lui-même adressé à Mabillon, afin que cet illustre confrère l'aidât à triompher des résistances qu'il rencontrait, et dont il lui rendit compte dans une lettre du 23 novembre i684, publiée par M. l'abbé J.-B. Vanel dans la Revue Bossuet, du 25 octobre igo3, p. 237.
3. Dom Claude Bretagne, né à Semur, avait fait profession à 19 ans à Moutier-Saint-Jean le 6 novembre i644- Après avoir été prieur dans divers monastères de la Congrégation de Saint-Maur, il avait été élu, le 3o juin i684, à la même charge dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Après un double triennat, il fut nommé visiteur de la Province de Bourgogne le 1 1 juin 1690, et, en 1693, visiteur de celle de Normandie. 11 mourut au couvent de Bonne- Nouvelle, à Rouen le i3 juillet 1694. Il avait adhéré à l'appel comme d'abus interjeté au sujet des franchises de Rome en 1688. Il a donné des Méditations sur les principaux devoirs de la vie religieuse, Paris, 1690, in-4 (Voir Mabillon, Analecta, t. I, p. 179; D'Achery, Spicilegium, t. I; J.-B. Vanel, Nécrologe de Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1896, in-4, P- 347; Dom Tassin, t. I, p. 238-24o, et H. Wilhelm, Nouveau supplément à l'Histoire littéraire de la Congrégation de Saint- Maur, Paris, 1908, in-8, t. I, p. 72). Le bénédictin Claude Bretagne appartenait à la branche des Bretagne de Nansouty, et devait être cousin issu de germain du père de Bossuet. Il ne doit pas être confondu avec le P. Claude Bretagne, cistercien. Celui-ci était cousin issu de germain de Bossuet lui-même, étant fils de Claude Bretagne, qui mourut, en 1669, Premier président au Parlement de Metz, après avoir succédé en cette charge à son père Antoine Bretagne, \oirla dédicace deVAugustinus Philosophus, Toul, s. d., in-4 (Bibl. Nat., C 23i5).
4. Ce général était Dom Benoît Brachet, élu le 3o avril 1682. Originaire d'Orléans, il entra au monastère de Saint-Benoît-sur-Loire à 12 ans, fit profession à Saint-Faron de Meaux. Il fut plusieurs fois prieur de Saint-Germain-des-Prés avant d'être élu général de la Congrégation. Il mourut le 7 janvier 1687, laissant la réputation d'un saint religieux. Étant prieur de Saint-Germain-des-Prés, il eut l'honneur de recevoir la Reine et le Dauphin conduit par Bossuet pour les stations du Jubilé de 1677. (J.-B. Vanel, Nécrologe, p. 4a ; Dom Tassin et le Nouveau supplément de H. Wilhelm, p. 69.)
dcc. i684] DE BOSSL'ET. 4û
que vous pouviez en toute assurance recevoir Dom Muguet, sans que ni vous ni lui en fussiez jamais inquiétés par la Congrégation. Je demeure dépositaire des paroles que vous vous donnez mutuellement. Ces Pères demandent que l'affaire se fasse sans bruit et sans qu'il paraisse rien de leur part. Vous y consentirez aisément : et ainsi je ne vois plus de difficulté, ni autre chose à faire que de recevoir Dom Muguet.
Je me réjouis avec vous, Monsieur, de vous voir tiré de l'inquiétude que vous donnait son salut, et avec lui de ce que, par une singulière grâce de Dieu, il va être au comble de ses désirs. Vous recevrez par la poste une lettre que je vous écrivis dès hier : mais, comme j'ai appris de M. Muguet' que la lettre ne pouvait partir que mercredi, je lui ai conseillé de vous envoyer un homme exprès. Il m'a mis en main quelques cahiers6 que je verrai au premier loisir. Je suis à vous, Monsieur, très sincèrement. J. Bénigne, é. de Meaux.
3ii. — Charles Dellon a Bossuet.
[Décembre 168^.] Monseigneur, Puisque c'est à Votre Grandeur que je suis redevable de