‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 89 sur 308 · J. Rou : vous êtes forcé · texte numérisé non relu

J. Rou : vous êtes forcé

6. François Le Sueur, d'abord ministre à Lizy-sur-Ourcq, où il avait été remplacé par Claude Groteste de La Mothe, frère de Groteste des Mahis, puis à La Ferté, où il avait succédé, en 1676, à son père, Jean Le Sueur, auteur d'une Histoire de l'Eglise et de l'Empire (Genève, 1672-1677, 6 vol. in-4). Celui-ci mourut le 22 janvier 1681, à soixante-dix-huit ans. Quant à François Le Sueur, il avait épousé Charlotte, sœur de Pierre et de Jacques de Vrillac, dont il eut plusieurs enfants, entre autres Louis Charles Le Sueur, qui devint en 17 i5 pasteur de Thorney-Abbey, Pierre Le Sueur, qui fut le dernier ministre de l'église française de Cantorbéry, et François Le Sueur, qui, en 1703, résidait à Chàlons-sur-Marne sur la paroisse Saint-Alpin et épousa, à l'église catholique de La Ferté, Madeleine Françoise Conroy, fille de feu Simon Conroy, procureur fiscal au bailliage de cette dernière ville. Le ministre François Le Sueur mourut à Leyde, comme nous l'apprenons d'une lettre d'Etienne Le Moyne à Huet, du 1 1 janvier 1687 (celle où est aussi annoncée la mort du célèbre Claude) : « M. Le Sueur, fils de l'auteur de VHistoire ecclésiastique, mourut dernièrement ici. Son père n'avait conduit cette histoire que jusqu'au ixe siècle, mais le fils, qui ne manquait pas de littérature, la voulait pousser plus loin. Il a examiné et éclnirci tout le xe siècle, et ses amis m'ont prié de revoir son travail avant de le

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et je n'oublierai rien de ce que je pourrai faire pour votre service. Je joins mes prières avec les larmes de Mademoiselle [de Vrillac]7. Vous avez assez donné à vos anciens préjugés: revenez à la Pierre dont vous avez été séparé 8 ; et songez qu'il ne faut point se complaire quand on souffre persécution, si l'on n'est bien assuré que ce soit pour la justice. Vous trouverez dans l'Eglise catholique, avec Dieu et Jésus-Christ, tout le bien spirituel que vous pouvez souhaiter : vous y trouverez l'unité et l'autorité de l'Eglise universelle, et vous éviterez des maux que

mettre sous presse » (Bibl. Nationale, fr. i5i8g, f° 34o). Cette histoire, continuée par Pictet, de Genève, parut à Amsterdam en 1780, 7 vol. in-4-

7. On sait que « Mademoiselle » se disait alors même des femmes mariées (Voir t. I, p. ^5q, note i3).

Mlle de Vrillac, la femme du fugitif, n'était pas, comme l'a cru l'éditeur des Mémoires de Jean Rou, Marguerite de Besset, que Pierre II de Vrillac avait épousée en novembre i664 à Charenton, et dont Jacques de Vrillac avait épousé la sœur en 1666. Elle était morte depuis longtemps, et son mari avait épousé en secondes noces, le 29 avril 167^, Jeanne Jacob, veuve de Daniel Despots, ministre à Claye. Celle-ci était fille de Claude Jacob, marchand à Château-Thierry, et de Marie Gavelle. Elle mourut sans enfants en 1700. « Demoiselle Jeanne Jacob, femme délaissée de Maître Pierre de Vrillac, avocat en Parlement, ancien bailli de La Ferté-au-Col, absent du royaume pour cause de religion protestante, morte le 29 mars et inhumée le 3o, après une sincère conversion depuis le départ dudit sieur de Vrillac, son époux, et avoir reçu les sacrements avec une piété exemplaire, en présence de Messire Louis Nacquart, écuyer et bailli de ladite Ferté, son neveu, à cause de clamoiselle Marie Boileau, sa femme, de François Nacquart, son petit-neveu, de l'abbé Chabert, docteur en théologie, et de M. Bené Ambroise Moynet, procureur fiscal de La Ferté. Signé : Nacquart ; François Nacquart ; l'Abbé Chabert; Moynet; Guillaume Le Taillandier [curé] (Etat civil de La Ferté-sous-Jouarre).

8. Allusion au verset: Attendite ad petram unde excisi estis (Is., li, 1). Cette pierre figure l'Eglise catholique.

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Dieu ne vous comptera pas, pour ne rien dire de pis. Revenez donc, encore une fois, je vous en conjure : je ne cesserai de vous rappeler par mes vœux et par mes prières, étant cordialement et avec l'esprit d'un véritable pasteur, Monsieur, votre très affectionné serviteur.

A Meaux, 17 octobre i685.

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