A. P. Daniel Huet
A Paris, Ier septembre 1684.
J'ai donné ordre, Monsieur, à M. Blanchard1 de vous voir, et vous aurez pu apprendre de lui les raisons de la conduite qu'il tient envers le curé qui vous a fait ses plaintes. J'ai trouvé ces raisons justes. Si vous le trouvez de même, vous me ferez plaisir de me le mander. Que si j'erre dans le fait, ou que je ne sois pas assez instruit du droit du curé, vous m'aiderez à me redresser: et, quoi qu'il en soit, il profitera de votre entremise, par l'ordre que j'ai donné de le traiter, à votre considération, le plus favorablement qu'il sera possible.
Lettre 294. — L. a. s. Bibl. Laurenziana. Publiée par M. Guillaume et M. \erlaque en 1877 (Cf. t. I, p. 208).
1. Tbomas Blanchard, écuyer, conseiller du Roi, était trésorier général de France au bureau de Caen. Le i4 septembre 1681, Bossuet lui avait affermé pour six ans les biens de son prieuré du Plessis- Grimoult. Précédemment, le 5 juillet 1679, il avait fait un bail semblable avec Charles De la Cour, bourgeois de Paris. Le prix de location était de i3 200 livres. « Le preneur pouvait établir sa demeure, lui ou ses commis, dans la maison prieurale et jouir de la moitié du jardin, à la charge de laisser le seigneur bailleur, quand il irait dans son prieuré, se servir des lieux dont il aura besoin. » (Sur l'administration de Th. Blanchard, voir A. Gasté, Bossuet en Normandie, Caen, i8g3, in-8, p. 21-28, et Ledieu, t. II, p. 52). Blanchard figure aussi parmi les anciens fermiers de Huet (Lettres inédites de P.-D. Huet à Charsigné, publiées par A. Gasté, Caen, 1901, p. 35i).
l4 CORRESPONDANCE [sept. i68ft
Pour le P. de Montenoy2, vous me priez de la chose du monde qui m'est le plus agréable, quand vous souhaitez que je le demande pour Le Plessis. Je témoignerai volontiers à ses supérieurs que je leur serai obligé de le laisser supérieur de mon prieuré ; et je suis bien aise, Monsieur, que votre satisfaction et celle de ses proches se trouve jointe avec la mienne.
Au reste, je me plains de vous, du reproche que vous me faites de vous oublier. Je vous ai toujours dans l'esprit comme un homme très distingué dans notre siècle, et dans le cœur comme un ami avec qui j'aurai toujours des liaisons que rien ne peut affaiblir.
Je suis, Monsieur, de tout mon cœur, très parfaitement à vous.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Suscription : A Monsieur l'abbé Huet, abbé d'Aulnay, à Caen.