‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 123 sur 211 · A Claude Le Peletier · texte numérisé non relu

A Claude Le Peletier

A Germigny, g juillet 1698.

La lettre, Monsieur, que M. l'abbé Ferrier* m'a rendue de votre part, m'a donné assurément beaucoup de joie. Vous ne sauriez croire combien cela réjouit les solitaires, et combien ils sont sensibles aux bontés d'un ami tel que vous.

J'aurai bien de la joie si mes notes sur Salomon^ vous font passer agréablement quelques jours d'allées de Villeneuve ^ Au moins, je n'y raffine pas, et, sans y vouloir rien mettre du mien, je me contente de faire entendre, autant que je puis, à un lecteur attentif les pensées de Salomon, cest-à-dire celles du Saint-Esprit. Du reste, quand j'ai fait ce que j'ai pu et que j'ai tâché de suivre mon texte avec toute la simplicité que je puis, il ne reste qu'à prier Dieu qu'il donne aux lecteurs le goût de son Ecriture.

Il est vrai. Monsieur, que je partis fort brusquement de Versailles. J'ai toujours je ne sais quoi qui me rappelle ici avec une espèce de violence et qui me fait expédier tout ce qui assure mon retour avec

Lettre 36. — L. a. s. Inédite. Archives du marquis de Rosambo.

1. Cet ecclésiastique était probablement Jean Raymond, neveu du P. Ferrier, confesseur du Roi. Chanoine de Rodez, il avait été nommé, en 1676, abbé de Notre-Dame de Charon, En Aunis. Il l'était encore en 171^ (Gallia, t. II, col. i^oo).

2. Libri Salomonis: Proverbla, Eeclesiasles, Canticum canticorum, Snpienlia, Ecclesiasticus, cum nolis J. B. Bossuet. Accesserunt ejusdem supplenda inPsalmos, Paris, 1698, in-8. L'achevé d'imprimer est du 29 mai.

3. Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise), résidence de Claude Le Peletier, où Bossuet était allé rétablir sa santé en 1676 (Voir t. I, p. 898).

3o6 CORRESPONDANCE [août 1693

trop de précipitation et de promptitude. Cela n'empêchera pas que je n'aie bientôt, s'il plaît à Dieu, l'honneur et la joie de vous voir*. Conservez-moi cette précieuse amitié, que votre insigne probité, dans un temps comme celui-ci, me fait chérir audessus de tout. Et croyez qu'on ne peut être plus que je le suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

J. Bénigne, é. de Mcaux.

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