‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 160 sur 211 · Othis, village du canton de Dammartin · texte numérisé non relu

Othis, village du canton de Dammartin

ii° — L. s. d. De l'écriture du secrétaire du nonce Gualterio, avec des corrections de la main de ce prélat et de lord Lovât luimême. British Muséum, ms. 3i25i, f° i i/l, minute. Inédite. Cette lettre doit avoir été écrite de Paris, avant le 10 mai 1708, époque d'un premier retour de lord Lovât en son pays. Voir plus haut, p. /i4, 67 et 69.

I. Les circonstances de cette conversion ne nous sont pas connues.

/iOO APPENDICE II.

consolation d'être entré dans le giron de l'Église catholique, apostolique et romaine, je n'ai point de plus forte passion que de repondre avec une entière persévérance à la grâce que je viens de recevoir, jusques même à l'effusion de mon sang. Si je ne suis jamais assez heureux. Très saint Père, que de pouvoir le répandre entièrement pour la foi, je tâcherai du moins d'en procurer l'accroissement autant que je le pourrai, et particulièrement en Ecosse, où je suis, grâce à Dieu, d'une famille qui n'est pas des moins considérables dans ce pays-là. J'y ai une tribu entière- qui dépend de moi, et des sujets assez nombreux. Ma plus grande application sera toujours celle de les porter à la véritable religion. Je n'oublierai non plus jamais rien pour la faire embrasser à mes autres parents et à mes amis, et pour y attirer tous ceux que je pourrai.

Je dois ^ ces bons sentiments à la divine bonté et aux soins obligeants de Mons' le Nonce* de Votre Sainteté, à qui, après Dieu, je dois leur heureux accomplissement. Il est un grand appui ici^ à notre Roi banni et à tous ses fidèles sujets, et j'espère qu'avec la protection de Votre Sainteté et du Roi très chrétien, les soins et les travaux de Mons' le Nonce de Votre Sainteté réussiront si bien que notre Roi sera bientôt rétabli, et la religion catholique en Bretagne, et, par ses bons

a. Le clan des Frasers. Voir Am. Pichol, Histoire de Charles- Edouard, P;iris, i845-l8^6, 2 vol. in-8, t. II, p. 87 et suiv.

3. Première rédaction, biffée : « Je dois ces bons sentiments à la divine bonté, et j'ose les protester avec d'autant plus de confiance à Votre Sainteté que la Providence a bien voulu que j'aie été assez heureux que de faire la première ouverture de mes bonnes dispositions au Nonce de Votre Sainteté, lequel n'a pas peu contribué à leur accomplissement par ses soins obligeants. »

/j. Philippe Antoine (iualtcrio, archevêque d'Athènes, résida à Paris du 7 avril 1701 au (j seplemi)re 1706. Il reyut la biirrette cardinalice le 4 avril 1706. On est surpris que lord Lovât ne fasse pas allusion aux instructions qu'il avait reçues de Bossuet, h qui il avait été adressé par le Nonce. Cf. plus haut, p. 67, et Ledieu, t. II, p. lu-].

5. Ce mot prouve que Lovnt était encore en l'Vanoe lorscpi'il fit profession de la foi catholique romaine. Il diMiicurait à i'Ilôlcl l';ilatin, rue de» Grands-Auguslius, au faubourg Saint-Germain, à Paris.

DOCUMENTS DIVERS. 4oi

avis, je vais présentement lui garder ma vie et ma famille pour cet effet.

Je prie le Seigneur qu'il me fasse la grâce de me les continuer, et qu'il comble de prospérité l'auguste et sacrée personne de Votre Sainteté, à laquelle je demande très humblement sa sainte bénédiction et la permission que je me professe avec une très profonde vénération et une fidélité inviolable, Très saint Père,

Le très humble, très obéissant et très soumis serviteur et fils.

12°. — Tragédie dédiée à Bossuet.

Bénigne, tragédie, sera représentée sur le théâtre du collège royal de Navarre, pour la distribution des prix, le mardi ig jour d'août, à une heure précise après midi.

A Paris, chez la veuve de Claude Thiboust et Pierre Esclassan, libraire juré et imprimeur ordinaire de l'Université. MDCXCVIII, in-4.

Au revers du titre, on lit en latin un extrait de la Chronique de Saint-Bénigne de Dijon, indiquant le sujet. Vient ensuite la dédicace do la pièce :

« Dédiée à Mgr Jacques Bénigne Bossuet, évêquedeMeaux. conseiller du Roi en ses Conseils et ordinaire en son Conseil d'État, ci-devant précepteur de Monseigneur le Dauphin, premier aumônier de Madame la Duchesse de Bourgogne, proviseur du collège royal de Navarre, etc., par son très humble serviteur. Bénigne Caillet', professeur d'éloquence. »

i2° Bibliothèque Nationale, Rés., Yf îôgG, et aussi Bibl. Mazarine, 18824, Z23. L'édition de 1708 a été vue par M. A. Floquet aux Archives Nationales, L 787.

I. Bénigne Caillet, né à Dijon, fut professeur de rhétorique au Collège de Navarre pendant plus de trente ans. Il mourut en I7i4) âgé de 70 ans. Dans sa Bibliotfi'eque des auteurs de Bourgogne, p. 121, Papillon attribue à Caillet plusieurs pièces de vers latins composées en l'honneur de Bossuet, nommé supérieur du Collège de Navarre (1695^. De plus, il a laissé, dit-il, en manuscrit une tragédie française de saint Bénigne, dédiée à Bossuet.

4o2 APPENDICE II.

Sur les pages suivantes se lit l'analyse des cinq actes de cette pièce, dont la scène, dit-on, est dans une place de Dijon.

Au V* acte, l'empereur Aurélian ordonne que Bénigne, l'apôtre de Dijon, soit assomme à coups de barre de fer et percé d'une lance ; il en veut être lui-même le témoin. Bénigne lui prédit que les temples qu'il vient d'ordonner qu'on bâtisse à Jupiter, à Saturne et à Mercure seront détruits. Il prévoit la propagation de la foi dans Dijon, l'embellissement de cette ville, la gloire et le bonheur qu'elle aura de produire de grands hommes, parmi lesquels il en découvre un de son nom, dont il fait l'éloge, après lequel il ne veut plus rien voir et demande au tyran de mourir-.

Le programme indique les personnages de la tragédie, et donne le nom des acteurs, élèves de Navarre, les uns de Dijon, les autres de Paris, etc., et parmi eux Gaspard Dauneau d'Assy Devizé, neveu du directeur du Mercure.

La pièce fut reprise le 20 août 1708, et présentée à Mgr J.-B.Bossuet, évêque de Meaux, par Bénigne Caillot, professeur d'éloquence. Paris, chez J. Quillau, imprimeur de l'Université,

Parmi les acteurs de 1708, on remarque :

Bénigne, apôtre de Bourgogne = François Le Roy, de Paris.

a. Dans Aurélia ou Orléans délivré, poème latin, traduit en français, Paris, Méri(jot, 1788, in-i3, J. de Uoussy introduit une prédiction semblable (Bib. Nat., Yc 8819). Charles VII raconte à ses courtisans les prédictions que lui a faites un saint vieillard, qu'il rencontra « dans ces climats fortunés, placi^s entre le Rhône et les hautes Pyrénées «. Dans son enthousiasme prophétique, ce vieillard lui annonce ses propres destinées et celles de ses descendants. Entre les merveilles du règne de Louis XIV, il n'oublie pas Bossuet et Kénelon. « Vois-tu, Roi des IVanjais, ce pontife aujjuste, environné d'un peuple avide d'entendre. Sous sa mitre sacrée, il semble le docteur de l'Univers, son lan(ja|je est splendeur, sa parole est magnificence. Il est (lijruede recueillir les traces lumineuses que l'Eternel a laissées dans tous les siècles. » Vient ensuite le portrait de l'éiielon : « A ses côtés, un autre pontife ôte h la vertu son voile nuisible. 11 en découvre tous les charmes. Il la prend par la main et l'introduit h la cour du Roi. Ses paroles seront comme les pleurs de l'Aurore sur l'herbe naissante. Elles seront semblables aux tranquilles eaux de Méandre, qui, dans leurs détours infinis, entendent sur leurs rives fleuries les cygnes mélodieux. »

DOCUMENTS DIVERS. /4o3

Aurélian, empereur = Guillaume Drummond de Perth, d'Edimbourg'.

Pallian, favori de l'empereur ^Edouard-François Drummond de Perth, d'Esterlins:,

i3°. — Lettre adressée à Jacques Foailloux.

Parlons maintenant de l'homme illustre que l'on a calomnié après sa mort. Voici ce que j'appris avant-hier d'un vertueux prêtre qui a été plus de vingt ans auprès de lui.

3. D'après le Mercure d'août 1708, p. Saa, « les deux fils de M. le duc de Perth, g^ouverneur de Sa Majesté britannique, ont joué dans une tragfédie qui a été représentée au Collège de Navarre pour la distribution des prix, et ils y ont reçu des applaudissements extraordinaires, l'un dans le rôle de l'empereur Aurélian, l'autre dans celui de Pallian, son favori. Ces jeunes seigneurs firent voir par la manière dont ils entrèrentdans les rôles qu'ils représentaient, qu'il ne leur manquerait rien pour jouer un jour avec esprit sur le Théâtre du monde les rôles qui conviennent à des personnes de leur rang. Ils n'y feront point de faux pas, s'ils suivent l'exemple de Milord duc de Perth, leur père. » Mais, dès le i4 septembre, le jeune Guillaume Drummond mourait après quinze jours de maladie, dans les sentiments les plus édifiants, suivant le récit qui se lit dans le numéro de septembre du Mercure, p. agg à 3o8.

iS" Archives de Saint-Sulpice. Copie. — M. de Bausset, qui le premier a publié ce document, l'a donné comme une lettre écrite par Fouilloux à son ami Jérôme Besoigne. Or la copie dont il s'est servi porte la mention suivante, de la main de l'abbé Leroy : « Copie d'un fragment de lettre communiqué par feu M. l'abbé Fouilloux à M. l'abbé Besoigne, docteur de Sorbonne, qui m'a permis d'en tirer copie, louchant le prétendu mariage de M, Bossuet avec la demoiselle de Mauléon. » La signature et la date de la lettre manquent malheureusement à cette copie. Jacques Fouilloux, destinataire probable, et non auteur de la lettre, est mort à Paris le 21 septembre 1786. Il était docteur de Sorbonne. En 1706, il avait quitté la France et s'était rendu en Hollande, où il vécut dans la compagnie de Quesnel et de Petilpied. Il a donné, entre autres ouvrages, l'Histoire du Cas de conscience, 1756, 8 vol. in-i2. Quant à son ami Jérôme Besoigne, il fut exilé en 1781 pour son attachement au jansénisme. Il mourut en 1768. Il est connu surtout pour son Histoire de l'abbaye de Port-Royal, 1752, 6 vol. in- 13, et pour ses Vies des quatre évêques engagés dans la cause de Port- Royal, 1766, 2 vol. in-i2.

!ioh APPENDICE II.

En 1664 ou i665, la demoiselle de Maulcon* n'avait que neuf ou dix ans 2, et l'abbé Bossuet était prêtre. Il fut fait évoque quelques années après et précepteur de Mgr le Dauphin. II demeurait chez M. de Laraeth, alors doyen de Saint- Thomas-du-Louvre, et mort curé de Saint-Eustache, qui logeait et nourrissait cinq ou six abbés du premier mérite, dont le nôtre tenait le premier rang. La demoiselle Mauléon avait une tante chez Madame, Henriette d'Angleterre^, à laquelle elle fit connaître ce que valait l'abbé Bossuet, qui, par ce moyen, fut connu à la Cour et estimé généralement. Sa nièce, qui demeurait près de l'abbé de Lameth*, venait assez souvent chez lui, et on la recevait comme un enfant, la faisant chanter et causer. L'abbé Bossuet, qui avait de l'obligation à sa tante, lui faisait plus d'amitié que les autres, et il l'a conservée jusqu'à la mort par pure reconnaissance, lui prêtant souvent son carrosse et un laquais, surtout depuis qu'elle eut des affaires d'intérêt à soutenir.

Le contrat qui a fait parler après sa mort était un cautionnement accordé à cette demoiselle pour la somme de quarante mille livres que feu M. Pajot lui prêta à la prière de l'abbé Bossuet et sur sa caution^. G était pour recouvrer des élaux

1 . M. de Bausset a changé ici ce nom en celui de Desvieux, qui est aussi donné par Voltaire à la prétendue veuve de Bossuet, tandis qu'il ne Bgure dans aucun des actes relatifs aux affaires de Mlle de Mauléon.

a. Catherine Gary est dite « fille jouissante de ses droits », dans un acte de baptême du lit mai i664, où, Bossuet étant parrain, elle figure comme marraine (Bibliothèque Nationale, n. a. fr. 36 i5, au mot Bossuet). C'est-à-dire que, eiil-elle même été émancipée, elle ne pouvait guère avoir moins de vingt ans.

3. L'état de la maison de Madame ne confirme pas cette assertion. Catherine Gary, qui semble avoir été orpheline de bonne heure, avait un oncle, Nicolas Mélicque, époux de Madeleine llobichon, et secrétaire du Roi, maison et couronne de France : or aucune Femme du nom de Mélicque ou de Uobichun ne figure parmi les personnes attachées au service de la duchesse d'Orléans.

4. Le ménage Mélicquc-Robichon était, eu effet, locataire au Petit Doyenné de Saiiit-Th<tmas-du-Louvre.

5. Ayant voulu user de son droit de retrait ligiiager |ioiir accjuéri, les immeubles saisis sur son cousin germain, Nicolas li Mélicquer

DOCUMENTS DIVERS. 4o5

à la halle de Paris, dont le revenu, s'il eût été bien gouverné, devait aller à quatre mille par an au moins. Mais, par le peu de capacité de cette demoiselle, il se réduisait à peu de chose, et M. de Meaux était souvent obligé de payer les intérêts de la somme empruntée. Il en avait toujours tiré de bonnes quittances, qui ont servi après sa mort à l'abbé Bossuet d'à présent, pour ôter à la demoiselle Mauléon le bien qu'elle avait recouvré par les quarante mille livres prêtées. MM. Pajot ont ledit bien^, et je la crois réduite à l'aumône. Je l'ai vue bien des fois venir chez Mme de Caumartin, la prier d'employer son crédit auprès de Mme Pajot pour avoir du temps et n'être pas consumée en frais. Gomme la famille de feu M. de Meaux était tourmentée pour ce cautionnement, ils l'ont pressée, et elle s'en est fort plainte. Ce contrat, ayant par le bruit de l'affaire été fort public, a fait répandre le

Catherine Gary eut besoin de quarante-cinq mille livres. Le célèbre avocat René Pageau les lui prêta, le aS mars 1683, sous la caution de Bossuet. Ce n'est pas seulement après la mort de l'évêque de Meaux que fut produit le contrat de cautionnement, comme il est dit ici. Bossuet s'en servit pour intervenir, le 2 décembre 1708, au procès intenté à Catlierine Gary, par les héritiers, tant de Françoise Creslot, sa belle-sœur, que par ceux de l'avocat Pageau.

6. On ne comprend guère comment les héritiers de l'avocat Pageau pouvaient avoir le bien qui aurait été ôté par l'abbé Bossuet à Mlle de Mauléon. La vérité est tout autre. Les biens de iNIlle de Mauléon, saisis judiciairement pour désintéresser ses créanciers, furent mis en vente le 9 février 170g, et le frère de l'abbé, Louis Bossuet, maître des requêtes, se rendit acquéreur de la halle moyennant trente-six mille livres. Dans l'intervalle, l'évêque de Meaux étant mort le 12 avril 170^, les héritiers Pageau, pour obtenir le remboursement de la somme dont il s'était porté caution, firent saisir ses biens et ses revenus. Cependant, le 7 mai suivant, intervint entre eux et l'abbé Bossuet une transaction aux termes de laquelle ils donnaient main-levée de la saisie, à la condition expresse d'être payés des sommes à eux dues solidairement par M. de Meaux et Mlle de Mauléon. Le payement devait se faire sur le produit de la vente des immeubles saisis, et, dans le cas où il serait insuffisant, l'abbé Bossuet s'engageait formellement h répondre de la dette. Une copie de cette transaction accompagne l'acte original contenant l'approbation de Louis Bossuet.

4o6 APPENDICE II.

brui t dont vous me parlez ; et comme les hérétiques et les quiétistes avaient fort en butte M. de Meaux, et que les libertins mêmes aiment assez à railler sur les personnes les plus distinguées dans l'Église, on a répandu que c'était un contrat de mariage, ce qui est très faux. Cette affaire est pleinement étouffée'', et ce qu'on a dit ne peut venir que de ce que ce qui est fini à Paris se répand dans les provinces, où les choses reviennent tard. Si vous étiez à portée de lire les Avertissements contre Jurieu, vous y verriez une entière justification de ce prélat contre les accusations que ce ministre emporté et brutal faisait sur ce chapitre *.

7. Le 20 juillet 170^, le P. Léonard de Sainte-Catherine (Archives Nationales, L737) note une autre explication : Mlle de Mauléon aurait été, non la femme, mais la fille de Bossuet, née d'un mariage contracté avant que le futur évèque fût entré en licence et engagé dans les ordres sacrés. — Les inexactitudes et les divergences de ces rumeurs ne laissent rien subsister de certain, sinon le fait d'un bruit fâcheux mis en circulation au leiuieuiain de la mort de Bossuet et contre lequel j)roteste ce qu'on sait du genre de vie de ce grand homme. Mais on se demande ce qui a pu donner naissance à ce bruit, dont, chose étonnante, il n'est pas dit un mot dans le Journal de Ledieu.

8. Ces dernières lignes n'ont pas été données par M. de Bausset. Dans son Tableau du soclnianisme, lettre VI, Jurieu avait dit que Bossuet passait dans l'opinion publique pour avoir de mauvaises mœurs. L'évêque répond : « ...Sur le sujet du landgrave, il (Jurieu) ose m'accuser de choses que l'honneur et la pudeur ne nie permettent pas de répéter. Comme il sait bien que ce sont 1;» des discours en l'air et des calomnies sans fondement, il a|)aise sa conscience et se prépare une échappatoire en disant : « Je n'en sais rien; je veux croire qu'on lui fait tort. » Il me semble que j'entends celui « qui en frappant de sa lance et en jetant les traits tie ses calomnies, s'il est surpris dans le crime de nuire frauduleusement à son prochain, dit : Je l'ai fait en riant » (Provcrb., xxvi, 19). Celui-ci, après avoir lancé ses traits avec toute la violence et toute la malignité dont il est capable^ et après les avoir trempés dans le venin de la plus noire calomnie, dit à peu près dans le même esprit : « Je n'en sais rien, je ne le garantis pas » ; mais, s'il n'en savait rien, il fallait se taire, et n'alléguer pas, comme il le fait, pour toute preuve, des ouï-dire, ou, quand il lui plaît, la réputation, h qui il fait raconter ce qu'il veut, et qu'on n'appelle pas en justice (l'i* Auerlissèment aux iirotcstants, a"-' partie, n" cxv).

DOCUMENTS DIVERS. /Joy

i4°. — Testament de Catherine Gary.

Après avoir considéré que cette vie mortelle n'est qu'un passage pour la vie éternelle, et que mes indispositions continuelles me font craindre d'être surprise par l'heure de la mort*, j'ai pensé qu'il fallait songer à faire prier Dieu pour le salut de mon âme, et disposer du peu que j'ai de meubles en faveur de ceux et de celles qui m'ont donné des marques de bonté, pour leur en donner de ma reconnaissance et les obliger de prier Dieu pour le salut de mon âme.

Premièrement je désire être inhumée dans l'église du couvent de la Conception, rue Saint-Honoré^, sans cérémonie. Je supplie mes exécuteurs testamentaires, que je nommerai ci-après, de vouloir faire dire deux cents messes le plus promptement que l'on pourra, dont cinquante seront dites au lieu de la sépulture, cinquante à Saint-Thomas-du- Louvre, cinquante aux Carmélites du Grand couvent^, et les cinquante autres aux R**' Pères de l'Oratoire, rue Saint- Honoré.

Je supplie M. Robineau * de me faire la grâce d'accepter

ié" Inédit. Étude de M<= Duhan, notaire à Paris. Minute. II a été fait allusion à ce document dans Bossuet et Mlle de Mauléon, par Ch. Lrîjain, dans la Revue du Clergé français, année 1906, p. A6 du tirage à part. Catherine Gary figure dans notre tome III, p. 366.

1. Catherine Gary ne mourut que quarante-deux ans plus tard, le 19 mai lyi/i (Ch. Urbain, op. cit., p. 76 et 77).

2. Les Filles de la Conception, fondées en i635, étaient du tiersordre de saint François. Leur couvent était situé rue Saint-Honoré, au coin de la rue Neuve-de-Luxembourg (actuellement rue Cambon).

Page 1