Phelipeaux, Relation, t. II, p. i
1 1 . Deforis a ainsi imprimé, mais à tort, parce que le P. de La Chaise n'était pas à Rome. Le chiffre devait désigner un cardinal du Saint Office, mais nous ne saurions dire lequel.
iq8 CORRESPONDANCE [sept. 1698
exiger au moins du cardinal de Bouillon qu'il s'absentât des congrégations?
Le cardinal Nerli dit avoir achevé de perdre l'usage d'un œil par la lecture des écrits de M. de Cambrai. On peste bien ici contre lui. M. de Gbieti s'est un peu brouillé dans son vœu ; il ne sait trop ce qu'il dit. Je ne désespère pas encore que le carme n'en fasse autant. Je me doutais bien que M. de La Trémoille n'écrirait pas tout. Je vous ai mandé la pure vérité.
Il se prépare ici bien des eboses disgracieuses pour le cardinal de Bouillon. Poussin est furieux contre lui, et menace de découvrir beaucoup d'anecdotes dont la connaissance le mortifierait grandement. L'arrivée du nouvel ambassadeur ne peut être que funeste à cette Éminence.
1776. — A l'Abbé Bossuet.
A Compiègne, 21 septembre 1698.
Pour répondre à votre [lettre] du 2, je vous dirai que le Roi approuve fort le compte que vous avez rendu à S. S. des sentiments des évêques de France, et du respect et soumission avec lesquels ils attendent sa décision.
Il n'y a qu'à s'en tenir aux termes de votre écrit1, et demander la promptitude sans tomber dans la précipitation. C'est ce que j'ai appris ce matin de la bouche de S. M., en lui rendant compte de la disposition des choses.
Vous verrez par les mémoires ci-joints ce que S. M. a agréé. Tenez-les fort secrets, jusqu'à ce qu'ils vous viennent par voie naturelle; autrement, vous voyez bien que vous en détruiriez l'effet.
Lettre 1775. — L. a. n. s. Grand séminaire de Meaux. 1. Celui dont il a été parlé, p. 169 et 180.
sept. 169S] DE BOSSUET. 199
Je no sais rien de celui de l'écrit signé de vous et donné à M. le cardinal ; mais vous pouvez sans hésiter aller votre train, assuré que votre conduite sera approuvée, en parlant toujours d'une bonne et solide décision avec diligence, sans précipiter. Car c'est le bien de la chose. Tout le monde voit ici la mauvaise finesse de presser l'affaire pour en venir à une misérable prohibition qui ne dise rien. Vous avez raison de croire que ce serait un opprobre pour le Saint Siège, et un faible palliatif qui ne ferait qu'augmenter le mal. Si on marchande M. de Cambrai, audacieux et artificieux comme il est, il ne marchandera pas l'Eglise, et ne fera qu'attendre2 à frapper son coup.
M. le cardinal de Bouillon a proposé un beau décret : Prohibendus liber, molliendas seu mitigandus est sensus. On ne sait ce que cela veut dire.
Vous serez bien recommandé à M. l'ambassadeur: je lui écrirai, et on lui parlera de bon lieu. Monseigneur est de devoir3 ; je ne puis vous rien dire encore du reste du traitement. Vous ne sauriez manquer de continuer à lui écrire.
On va imprimer ma Réponse4 ; on l'envoiera par votre courrier, qu'on réserve pour cela.