‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 145 sur 224 · Attendait cette entrevue avec plus d'impatience que moi · texte numérisé non relu

Attendait cette entrevue avec plus d'impatience que moi

dot. 1698J DE BOSSUET. 283

étais-jc à la porte, qu'il me demanda de vos nouvelles, del caro nostro vescovo; ce sont ses paroles. Il serait trop long de vous dire tout ce qu'il me dit d'obligeant pour vous. Je lui dis ce qui me faisait venir à ses pieds; là-dessus, je lui rendis compte tout de mon mieux des raisons nécessaires et importantes qui vous avaient forcé à faire cette dernière réponse. Il me parut content de toutes, et les approuver. Il se récria sur l'accusation de la confession révélée, mais d'une manière très forte. Ce ne peut être qu'une calomnie, me dit-il; et il ajouta que votre réputation était trop établie pour que cela pût faire la moindre impression sur l'esprit de personne, mais cela dans les termes les plus forts, que3 tout retombait sur l'archevêque de Cambrai, qui, surtout depuis quelque temps, si pregiudicava assai'*, à Rome comme en France. Pendant ce temps-là, S. S. tendait la main pour recevoir le livre que je faisais semblant d'avoir honte et de la peine à lui donner, sachant la peine que lui faisaient les écritures nouvelles. Enfin, je me fis forcer à le lui remettre entre les mains, et il me parut savoir bon gré de la peine que j'avais là-dessus5. S. S. eut la bonté de me promettre de s'en faire lire tous les jours quelque chose. Je lui fis plaisir quand je lui dis qu'on le traduisait en italien exprès pour lui.

Je pris cette occasion de le presser de faire recommencer les congrégations ; il me promit de le faire faire incessamment.

Je lui parlai sur l'amour pur de M. de Cambrai. S. S. m'en parla avec indignation, me disant expressément que ce n'était qu'une illusion. Pour le confirmer, je lui rapportai les paroles [du Deutéronome]6 sur le précepte d'aimer Dieu ut bene tibi sit, que c'était précisément ce que M. de Cfambrai] appelait intéressé. Je le suppliai de demander aux défenseurs du livre un seul texte de l'Écriture sainte, etc.

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