‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 219 sur 224 · Fénelon : demeurer réellement · texte numérisé non relu

Fénelon : demeurer réellement

d'une vue simple et amoureuse tous ces divers objets, comme certifiés et rendus présents par la vraie foi7 (P. 189, 190).

XXVII. Les âmes contemplatives sont privées de la vue distincte, sensible et réfléchie de Jésus-Christ en deux temps différents ; mais elles ne sont jamais privées pour toujours en cette vie de la vue simple et distincte de Jésus-Christ. i° Dans la ferveur naissante de leur contemplation, cet exercice est encore très imparfait. Il ne représente Dieu que d'une manière confuse.... 20 Une âme perd de vue Jésus-Christ dans les dernières épreuves, parce qu'alors Dieu ôte à l'âme la possession et la connaissance réfléchie de tout ce qui est bon en elle, pour la purifier de tout intérêt propre (P. 19/i, 195).

XXVIII. L'état passif.... exclut non les actes paisibles et désintéressés, mais seulement l'activité, ou les actes inquiets et empressés pour notre intérêt propre (P. 209).

XXIX. Dans l'état passif..., les enfants de Dieu.... ne rejettent point la sagesse, mais seulement la propriété de la

sagesse Ils usent avec fidélité en chaque moment de toute

la lumière naturelle de la raison et de toute la lumière surnaturelle de la grâce actuelle, pour se conduire selon la loi écrite et selon les véritables bienséances. Une âme en cet état n'est sage, ni par une recherche empressée de la sagesse, ni par un retour intéressé sur soi pour s'assurer qu'elle est sage et pour jouir de sa sagesse en tant que propre. Mais sanssonger à être sage en soi, elle l'est en Dieu,.... en usant toujours sans propriété de la lumière, tant naturelle que surnaturelle, du moment présent.... Ainsi à chaque jour suffit son mal, et l'âme laisse le jour de demain prendre soin de lui-même, parce que ce jour de demain, qui n'est pas encore à elle, portera avec lui, s'il vient, sa grâce et sa lumière, qui est le pain quotidien (P. 2i4 à 216).

XXX. Tels sont les pauvres d'esprit que Jésus-Christ a déclarés bienheureux et qui se détachent de leurs talents propres, comme tous les chrétiens doivent se détacher de leurs biens temporels (P. 218).

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