‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 9 sur 224 · Voir lettre du 9 mai 1698, t. IX, p. 3iO · texte numérisé non relu

Voir lettre du 9 mai 1698, t. IX, p. 3iO

4. Firmin Pollet (souvent Paulet), né à Montreuil-sur-Mer en i652, fit sa philosophie au collège du Plessis, à Paris, et entra dans la communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, où il exerça diverses fonctions, entre autres celles de vicaire de la paroisse et de supérieur du séminaire. Il avait gagné la confiance de M. de Noailles, archevêque de Paris, qui le prit pour confesseur et le chargea de plusieurs communautés de femmes dans le diocèse. On le trouve mêlé aux événements qui amenèrent la ruine de Port-Royal. Il mourut le 22 janvier 1733 (Cf. Abrégé de la vie de Messire Firmin Pollet, ms. 2^5 1 de la Bibl. Mazarine ; Sainte-Beuve, Port-Royal, t. VI, p. ig4 ; Aug. Braquehay, L'abbé Firmin Pollet, Abbeville, i8g5, in-8 ; P. Schcenher, Histoire du séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Paris, 1909, t. I, p. 282-397).

20 CORRESPONDANCE [juin 1698

réponse aux quatre lettres". M. Ledieu est chargé de vous envoyer ma Relation. Je prie Notre-Seigneur qu'il soit avec vous, ma chère Fille.

M. de Chevreuse tourne la tête quand il me rencontre : je n'en [suis] pas moins son ami et son serviteur ; il se fait plus de tort qu'à moi6.

i-y 19. — A Mme d'Albert.

À Paris, 28 juin 1698.

Ne vous découragez point, ma Fille, de l'état où vous vous trouvez devant Dieu. Il n'en est pas moins avec vous ; et ù mesure qu'il paraîtra vous dépouiller, il vous remplira au dedans de dons plus intimes, pourvu que vous persévériez dans l'oraison à votre ordinaire, aussi bien que dans la sainte communion, sans vous laisser ralentir ou détourner par quelque considération que ce soit : c'est moi qui vous le dis au nom de Jésus-Christ. Souvenez-vous de cette parole : En espérance contre l 'espérance ; et encore : Dilatez-vous : et encore : Ne cessez de vous réjouir : et encore : Ne craignez point, petit troupeau1.

5. Après avoir envoyé cette lettre à Rome le 12 mai, M. de Noailles l'adresse, datée du 16, à Fénelon disant ne la vouloir pas livrer au public, mais la communiquer « à un très petit nombre de personnes distinguées » (Dans les OEuvres de Fénelon, t. V, p. 385). Néanmoins elle fut imprimée dès la fin du mois. Le texte envoyé à Fénelon est conservé au Séminaire Saint-Sulpice (Cf. t. IX, p. 376 et /j5g).

6. Deforis a fait passer dans le corps de la lettre ces lignes écrites après coup en marge par Bossuet.

Lettre 1H9. — L. a. s. British Muséum, ms. 2^21.

1. Rom , iv, 18; II Cor., vi, i3; Philip., iv, !\ ; Luc, xn, 3a.

juin i6g8] DE BOSSU ET. 21

Consolez et conduisez ma Sœur de Saint-Bénigne dans ses obédiences ; et, du reste, dites-lui que je lui permets de pleurer et de s'épancher avec vous, mais avec vous seule. Je n'ai pu trouver le loisir de lire ses consultations2. Notre-Seigneur soit avec vous, ma chère et première Fille.

J. Bénigne, é. de Meaux.

Je3 reste à Paris : envoyez-moi quelqu'un, et vous aurez la Relation à l'instant. J. B.

1720. — A Mme Cornuau.

A Meaux, [fin de juin] 1698.

Mme d'Albert m'écrit, ma Fille, que vous êtes cruellement tourmentée d'un mal de dents ; cela, avec vos autres peines, vous doit pousser à un absolu abandon à un Dieu tout bon et tout sage, qui ne vous abandonnera pas. Soyez dans l'obéissance, et souvenez-vous de garder jusqu'à la mort les règles que je vous ai données. J'ai été bien édifié de ce que Mme d'Albert me mande de votre amour pour la pauvreté : vous ne sauriez le pousser trop loin ; car, plus vous serez dépouillée, plus vous serez riche. Dieu lui-même se donne à ce prix.

Voilà la réponse à vos articles. Il a plu à Dieu, ma Fille, que j'aie trouvé le temps de la faire ; cela

2. Celles auxquelles Bossuet répondra dans la lettre suivante.

Page 1