‹ Correspondance de C.-A Sainte-BeuveChapitre 105 sur 139 · A M. CHARLES MONSELET · texte numérisé non relu

A M. CHARLES MONSELET

Gè 8 juin 1863.

Hélas ! je crains bien que la clef de mes rancunes ne soit au fond de mon odorat.

Vous avez beau dire, je ne croirai jamais qu'un homme aussi malpropre ait été un homme de goût^. Le goût, après tout, n'est que le plus subtil des sens.

Excusez ma frivolité et mon excès de délicatesse.

A M. RENÉ BIÉMONT.

Ce 88 Juin t18d3].

Cher monsieur,

J'ai mille excuses k vous faire; je ne savais pas que vous m'eussiez cherché au sujet de cette recommandation. Je suis obligé de vivre fort reclus; sans quoi, je n'aurais pas une minute assurée pour le travail. Je n'ai aucune espèce de

1. Il s'agissait de Gustave Planche, sur lequel Sainte-Beuve venait de porter un jugement définitif dans ses articles sur Horace Vernct {Nouveaux Lundis^ t. V, p. 67 et suiv.). M. Monselet avait vu de la rancune dans cette critique sincère et Tavait écrit dans le Figaro,

crédit suffisant pour faire nommer personne dans une Bibliothèque ; je ne suis qu'un journaliste très-occupé et ne vois jamais les ministres. 11 n'existe de crédit que celui qu'on cultive très-assidùment.

Je suis charmé que vous m'ayez fait lire la copie de la lettre de madame Sand. Cette lettre est très-flatteuse et contient des choses d'une justesse délicate.

Vous avez été très-obligeant comme toujours, pour ces cartes d'électeur qui sont venues me trouver d'elles-mêmes.

Agréez, cher monsieur, l'expression de ma gratitude * et de mes sentiments dévoués.

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