‹ Correspondance de C.-A Sainte-BeuveChapitre 6 sur 139 · A DÉRANGER · texte numérisé non relu

A DÉRANGER

Octobre 1832.

J'ai bien du regret de ne pas vous trouver, mais je n'osais trop l'espérer, ne sachant si vous étiez ici ou à la campagne. Je vous rends le cahier de vers de M. N... (Napoléon Peyrat). 11 m'a fait tout le plaisir que vous avez éprouvé ^' vous-même. C'est d'une poésie fraîche, riche, variée, vive, adolescente en un mot, en entendant par là toutes les cou- 'r leurs et les grâces du printemps. Plus tard, le poète, en se r-^ repliant davantage sur lui-même, gardera le vif éclat de l- sa forme, plus intime encore et parfois plus sobre d'ornemonts. Pour me servir d'une expression rajeunie par le poëte, il y a dans ce charmant bocage de poésie où il nous égare quelque chose de verdelet, et un gazouillement qui charme, mais qui laissera bientôt place à des chants plus distincts, plus rares, plus pénétrants encore. Toutes les pièces qui vous sont adressées respirent une sensibilité qui touche. Vous avez bien inspiré M. N... Je vous remercie fort, et vous prie de le remercier du plaisir sincère que m'a causé cette lecture.

Tout à vous de cœur et à bientôt.

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