‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 2)Chapitre 112 sur 204 · Plantin à Guillaume Tostcl · texte numérisé non relu

Plantin à Guillaume Tostcl

Monsieur, Ayant receu et leu vos lectres dernièrement envolées à moy, il me sembloyt que d'autant qu'elles n'estoyent responsives aux miennes, ne contenoyent chose qui me touschast que je n'y devois rien respondre. Mais le tout bien considéré, je vous ay bien voulu advertir de cela mesmes que je dy, et aussy que je n'ay onques entendu de vous fere tere de blasmer le mal en qui il puisse estre. Et pourtant, cher Signeur et amy, soyés adverti que ne les Davidiens, ne de Leide, ne autres qui ont monstre leur fourvoyement, soît à Rouen ou ailleurs, comme l'escrivés ou pensés, ici ou là ne sont approuvés ne suivis ou tenus en quelque degré du

bien par ceux qui, sous l'obéissance de la Cliarité ', font ou veulent faire profession de renoncer à soy-mesmes et au monde pour ensuivre Christ en toutes tribulations, à la mort du péché, confusion du diable et ensevelissement de toutes les concupiscences charnelles jusques à la régénération avec Jésus-Christ pour régner avec lu}- à jamais. Ce quoy faisant tous (disons nous) avons asscs à quoy nous employer sans s'amuser à partia iscr et reprocher les malfaictures et fourvoycmcnt des autres, si non en tant que l'office de fraternelle correction et instruction de la Charité le comporte à rémendation du prochain et acquisition des âmes à nostre Dieu et Père. Auquel soit honneur et gloire à jamais, et à nous confusion, jusques à ce qu'en la résurrection par son Christ il nous ait oingts de son huille de grâce de joye pour estre comptés au nombre de son peuple saint. D'Anvers, ce 31 de juillet 1567.

Le vostre que cognoissés et le nom duquel est en telles affaires mieux celé qu'escrit. Parquoy suffise vous de le sçavoir et cenx-cy.

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