‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 2)Chapitre 125 sur 204 · I. Batz, monnaie d'Allemagne · texte numérisé non relu

I. Batz, monnaie d'Allemagne

de toute la marchandise qui sera en mon pouvoir et ce à aussi bon marché que la pourrés trouver ; mais je ne veux vous assubjectir en rien que au payement de ce que vous me manderés et quand à ce qui est faict entre nous jusques à ceste heure, je n'entends pas aulcunement qu'y perdiés vostre peine. Et pourtant trouveray je bien que, suivant vostre lettre, vous m'envoyiés, au plus tost que faire le pourrés, la vente par vous faicte, tant au comptant qu'au crédit, afEn que par cela je puisse conjecturer ce qui sera bon de faire, affin que vous ny moy ne commencions une chose et la poursuivions plus avant que ne debvons sans contentement de l'un et de l'autre.

Et en cas que je cognoisse que ce ne fust mon proffict, si est ce que pour ceste fois je feray tellement avec vous que, comme au dire de tout homme de bien, cognoissant de nostre estât, vous n'auriés occasion de vous plaindre de moy, car je perdray plus tost du mien que de vouloir vostre peine pour néant. Le tout avec la rayson et équité, tant s'en fault que je veuille aviser à faire quelque grand gaing.

Et quand est de mettre les livres à ung prix auquel les puissiés vendre ou rendre, ce ne seroit aulcunement mon cas que de vous envoyer livres qu'il faille que je paye de six en six mois argent comptant et les envoyer à telle condition que disiés. Car de tels je n'en prens que pour l'assortissement de ma bouticle ou aultant que j'en pense pouvoir payer au temps et terme deu et accordé. Mais bien de ceulx que je imprime ou ay telle commodité, vous pourrois je faire tel parti, mais de nuls aultres.

Voilà en bref ma résolution. A laquelle je vous prie de me rendre la vostre par le premier, afin que selon

icelle je me puisse gouverner et m'escrivez hardiment et franchement vostre volonté et intention. Et si vous advisés de moyen qui seroit à vostre profEct, advertissez m'en, et en tout et pour tout où je pourray sans mon intérest ou dommage, vous faite plaisir ou advancement au train de la marchandise, je le feray de bien bon cueur. Mais pour éviter toutes deffiances et reproches des enchérissements et règlement sur le babil d'autruy, je ne veux estre subject à vous ny vous à moy, sinon à faire playsir et service de l'un b. l'autre et que chascun puisse tascher à faire son proffict, au moins mal qu'il pourra en toute fidélité et loyaulté ainsi qu'il appartient. Et quant au prix des livres, je ne les mettray jamais aux libraires à prix ditférent, tant s'en faut que je voulusse faire envers vous. Parquoy le prix dcMiicurcra tousjours à toutes mes sortes, mais au payement, je feray tel rabat que n'aurés occasion de vous plaindre et sur ce me recommande. '

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