‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 2)Chapitre 184 sur 204 · Plantin à Çayas · texte numérisé non relu

Plantin à Çayas

Monsieur Sayas. 22 juin 1568.

Le 12 du présent, j'escrivi et envoyé le catalogue des livres qu'à diverses fois j'ay envoyés au Signeur Leonardo de Tassis pour Vostre Révérendissime Signeurie, et adjouxtay ung des livres de Monsigneur le docteur Mena, auquel j'en désirerois envoyer quelque nombre, s'il luy plaisoit m'ordonner, comment je pourrois les envoyer à Sa Signeurie. Depuis j'ay accompagné Monsigneur le docteur Arias Montano à Louvain, où j'ay continué à congnoistre de plus en plus les singuliers [dons] de Dieu en Sa Signeurie. De sorte que je ne me sçay assés esmerveiller des rares vertus que j'aperçoy en tel personnage, chose qui le faict admirer et aimer d'un chaicun et me contrainct facilement à le recognoistre et tenir au mesmes rang et révérer comme de bon droict je fay et doibs faire Vostre Révérendissime Signeurie.

Pour le présent, je n'envoyé rien, craignant que le poste ne soit assés chargé, d'autant mesmes que le Signeur Hiéronyme Curiel m'a faict achapter du parchemin pour envoyer par la mesme poste. J'ay du papier fin de Francfort, duquel je déUvreray tel nombre qu'il plaira à Vostre Révérendissime Signeurie le commander.

134' — Plantin à Jean Égolphe de Knorîngen.

(Il a appris que Jean Égolphe de Knoringen songe à faire imprimer les livres de Glareanus. Il se déclare prêt à exécuter ce travail, à condition que son correspondant lui avance le prix du papier et s'engage à prendre 300 exemplaires de l'ouvrage, à raison de quinze réaux d'Espagne ou de dix batz d'Allemagne, les cent feuillets.)

Reverendo et Nobili viro ac Domino D. Johanni Egolpho a Knoringen Cathedraliutn Ecclesiarum Nureburgensium scholastico et Augustanse custodi et Domino gratioso et patrono colendo.

Cum ex familiari coUoquio non semel a Domino Hanardo Gamerio, viro ut doctissimo ita de litteris litteratisque bene merito, inteilexerim voluntatem Révérende Dominationis Tu:ï de libris Glareani,' oratoris et poeta^ excellentissimi, simul excudendis, ego, pro mea erga doctissimos viros observantia, nolui pretermittere, quin meam operam ad taie opus imprimendum non offerrem. Idque libentius facio quod pietatem canonico et ecclesiastico viro dignam, eruditionem absolutam et erga ecclesiam zelum aliasque omnis generis virtutes et animi dotes in te sitas esse Hanardus noster ita frequentissime prasdicaverit, ut non magis Homerus Achillem aut Ulyssem laudare potuerit quam is te nunquam non laudibus effert. Quas certe non falsas esse ex tuis ad eum litteris facile cognovi.

Quoniam vero temporum incuria neque facultates nostrse ferunt ut meis sumptibus solis dicta Domini

I. Glareanus (Henri Loritus), philosophe, mathénjaticien, historien, théologien et poète, naquit en 1488 à Claris en Suisse, mourut àFribourgen 1563. Plantin n'imprima aucun de ses nombreux livres ; les négociations, dont il est question dans cette lettre, n'eurent donc point de résultat.

Glareani opéra imprimam, ecce conditiones quas possum asquas proponere. Volui nempe ut R. D. T. nos aliqua summa honesta, juxta operis magnitudinem, primam ad papyrum emendam juvet, poUiceaturque, opère absoluto, 300 ad minimum exemplaria se redempturam, pretio constituto, ut huic centum folia dem pro quinque regalibus hispanicis seu decem bassionibus germanicis ; neque possum minoris, si ea carta et diligentia, qua in aliis soleo, utar, neque vellem ego minori, prsecipue in tali auctore,

C^terum, si qua in re mea non displicuerit uti opéra, si vel annueris, paratum me habebis. Vale, vir clarissime, et nobis, si placuerit, per nuntium, quem hinc ad vos destinât noster Hanardus, quc^so ut mittatis. Antverpi^e, 25 junii 1568.

Reverend^e Dominationis Tu^ cliens obsequentissimus.

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