I. Lucas Brayer
i8. — Tierre Gassen à Plan fin.
Compère et amy. Toutes recomandations promises, serés averty que j'ay par Jaques le flamen et de Chasteau receu deux petis paqés de lingerie et les 2 rèzeaux couvers de rozes, le tout a esté bien venu pour estre dessortis par trop à présent.
J'ay receu la balance de mes contes, mais je n'ay peu encor avoyr nul loisir de la veoyr par l'empêchement de mes massons, charpentiers, couvreurs et ma femme malade, qui est assés d'empêchement pour une foys,
J'ay receu vos letres du 8 et 13 du présent et mesmes pour vos amis les maistres des enflms, lesquelles nous avons acomph pour le temps et acomplirons de tout nostre pouvoyr, celon le désir de messieurs leurs père et mère, et tout ainsi que de bone et grande afection l'avés mandé et recomandé, et mesmes, pour la singulière dévotion que j'ay de fayre agréable service de toutes mes forces à Monseigneur de Bombergue et à tous ses amis et serviteurs pour l'amour de luy, n'ayant mis en rien oubly des biens que je sçay par vostre tesmoynage qu'avés receu de luy, et mesmes que de sa grâce vous a pour moy offers. Pourcoy vous pouvés bien asseurer mes dis seigneurs qu'ils nous ont yci pour leurs fidelles amis et serviteurs et que Messieurs leurs enfans ne défaudra or ny argent, logis et service et faveurs, soit en santé ou maladye, le cas avenant, et qu'ils ne facent qu'ordonner et nous comander. J'ay présentement veu les enfans et nôtre et ce portent fort bien, et mesmes le plus grand dit ce porter yci mieux que par dellà.
J'ay incontinent avoyr receu vostre dernière cherché
et trouvé l'autre escolier Clément de vostre letre oubliée en vostre comptoyr et l'ay faict content, corne verés par sa quitance que je vous envoyé dans ses incluses escripte en latin.
Sachez que ce jourduy est parti de ceste ville Mahycu Pasquier, voyturier de Valencenne, auquel j'ay baillé et chargé cinq paniers, là où il y a 852 peaux avec le poil, dont les 4 sont grandes mânes ou paniers, et le 5' est plus petit, pesans tous ensemble 4250 ft, que j'ay acordé à 35 s. ts. pour chascun cent, poys et monnoye de Paris, à la charge de les vous rendre en vostre maison [h] Anvers, dans 12 jours, qui sera le 4 ou 5 juin. Il vous playra y fayre prendre garde et les retirer incontinent, despaqcr, conter et les fayre bien merqer et mètre en chaux etc. Cependant et en les atendant, je vous prie de préparer et fayre diligenter les deux baies des 42 douseynes, affin d'estre prestes pour les charger par ledit Mahyeu, affiin que nous les ayons pour le lendit pour ne perdre nos chalans etc.
Mais notés que dans le plus petit panier un nostre amy a mis, au milieu des peaux, un paqet envelopé de toille, là où il y a un cscripteau, pour l'adresser là où il le faut bailler et poise quelqes dcmy cent. Je vous prie les fayre desbaler en vostre présence et le retirer et rendre à qui il s'adresse, seurement, en payant bien le port, etc.
Je vous envoyé cy-dedans vos 2 autres letres de change. J'atends vostre responce encot unefoys pour sçavoyr sy Jaques Dupuys sera encor revenu ou envoyé, ou du tout rien, car cela me tient en aboy, ne sachant qu'il fera, affin de tenir prest ce qu'il faudroit pour luy, autrement je vous eusse desjà paquée et envoyée de
marchandise d'élite que j'ay j-ci preste pour vous envoyer qui ne me sert de rien. C'est de la mesmes des 300 cornes ; je en ay encore autant et n'y auroit point de perte, mais j'ay bien encor voulu atendre ce que melleur vous semblera que je face par vos premières, estant parvenu jusques yci.
Le sire Mareschal de Lion ' m'a aporté la vostre du 14, auquel celon vostre letre lu}' ay offert tout à leure mesmes les 10 cscus et 3 ft» ts, avec tout plesir, de sorte qu'il est bien content etc. Je vous ay escript un mot ses jours passés par le charrier qui me gasta mes cuyrs de Turquie, affin de recevoyr de luy 15 fl. qui me sont de longtemps deux par lu}', lesquels 15 fl. m'en coustent plus de 60. Ne recevés que bon payement, car j'ay yci respondant, et m'en donés avis l'ayant receu, le metant sur mes comptes.
J'ay rescript à ceux de hault passage de Hen qui prenent et extorqent argent sur les voyturiers et marchans autant qu'ils peuvent, j'ay donné charge au voytuiier de retirer de leur main leur sine à quel titre ilz font timt'payer. Il m'a dit vous avoyr baillé le dernier des 7 ft» ts, qu'il dit avoyr payé pour 2 paniers. Je voudroys bien que vous me l'eussiez renvoyé avec les autres de ce voyage, affin d'en fayre remontrance là où il apartient.
Je vous remercie de l'avertissement doné des cuirs huillés. J'espère qu'ils ce porteront à la fin bien, et qu'estant bien acoustrécs et labourées, la pluspart servira bien pour coles, à porter vers le costé noyr, pourtant je vous prie les fayre diligenter et bien passer, estant bien