Plantin à de Goneville
A Monsigneur Monsg"" de Goneveille, Audicncier du très illustre Gard, de Granvelle à Rome.
Le 14 avril 1571.
Monsigneur, j'ay receu l'advertissement des corrections que Mons' le Chantre de Malines m'a envoyées venantes de V. S. pour le Messel, duquel j'envoye maintenant treze cahiers, qui sont 39 feilles, et continueray d'envoyer ainsi les feueilles jusques à la fin. Or d'autant que V. S. demande sçavoir (ainsi qu'il est rai-
I. L'évêque de Tournai prit encore treize Psautiers dont un pour lui et douze pour «Messieurs de son chapitre «. Voir lettre du 25 mai 1571.
son) quel nombre j'en impnme,il luy plaira sçavoir que je n'en ay voulu, pour ceste première impression, faict tirer que 750 et ce pour deux raisons, dont la première et principale a esté qu'au commencement j'ay doubté et craint que plusieurs choses (ainsi que par cy-devant est advenu au Bréviaire et advient souvent es livres nouveaux) fussent obmises ou deussent estre changées par après. L'autre a esté que, comme je n'avois eu le loisir de faire provision de papier propre avant l'hiver, ni le temps assés suffisant pour faire tailler le reste des rigures que j'avois faict pourtraire de longue main et commencé à faire tailler à l'adventure, il m'a semblé et à quelques-ungs de mes bons Signeurs et amis, à qui je m'en suis conseillé, d'en imprimer petit nombre et ce pendant faire provision de papier et faire diligenter les tailleurs d'achever lesdictes figures, afin que la seconde impression puisse sortir, comme je l'espère faire, encores plus absolue que la première et que, des deniers de ceste-cy, je puisse aussi m'aider à faire l'autre plus ample.
Au reste, comme j'escrivois la présente, le S"- Malpas, frère de monsg-" le Chantre de Malines, m'a délivré les lectres de V. S. du 20 mars, lesquelles m'ont resjouy et animé d'entendre que nostre labeur plaise à Messieurs de S* Pierre ', lesquels aussi je remercie grandement de ce qu'ils m'ont faict advertir touchant le parchemin, à quoy je feray doresnavant prendre garde et remercie aussi grandement V. S. et la prie de continuer à bien garder nettement les feilles envoyées et à envoyer, afin