‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 3)Chapitre 128 sur 178 · Plantin au Cardinal de Granvelle · texte numérisé non relu

Plantin au Cardinal de Granvelle

Au très Illustre et R""^ Gard, de Granvelle, Viceroy de Naples, etc.

25 aoust 1571.

Ayant bon espoir que V. 111™^ et R"^ Ex" aura receu l'achèvement du Missal, je la supplie me faire advertir comment et combien il luy plaist que j'envoye des exemplaires en parchemin à Messieurs de Sainct Pierre à Rome, pour lesquels elle m'avoit ordonné d'en imprimer, ce que j'ay faict, jusques au nombre de dix, desquels aucuns m'en demandent par deçà; mais je n'en ose délivrer à personne, jusques à ce qu'il ait pieu à V. 111™^ Ex" m'ordonner ce qu'il luy plaira. '

Par mes dernières, je respondois à V. 111"'^ Ex" touchant l'impression des Heures, ordonnées par Sa Saincteté, et la suppliois de me faire avoir le congé de Sa Samcteté pour les pouvoir imprimer, sans lequel toutesfois autres libraires et imprimeurs ne faisoyent difficulté par deçà, car ils les ont faict et continuent d'imprimer, nonobstant la clausule d'excommunication sub pœna latas sententiœ, contenue en la bulle de Sa Saincteté, qu'ils ne laissent aussi d'adjouxter au commencement et à la fin le Privilège du Roy, et semble que les Privilèges de Sa Saincteté n'ayent auctorité qu'es terres de son obéissance, veu mesmes que les libraires de ceste ville font imprimer les Bréviaires de Rome (pour le Privilège desquels je paye grand tribut) à Liège, comme en terre

I. Le 3 octobre 1571, Plantin expédia au Cardinal de Granvelle 8 missels sur grand papier, 5 sur parchemin et 3 sur papier ordinaire. (^Archives pîaniiniennes : Journal, 1571, f° 151 v^.)

non subjecte au Roy catholique, sans le Privilège duquel, qui m'a esté concédé, ils disent qu'ils ne laisseroyent de les faire imprimer icy, choses que je n'oserois ni voudrois entreprendre. Et mesmes, estant requis par diverses lectres rescrittes par Monsg"" le Secrétaire Çayas de la volonté du Roy de tout incontinent imprimer lesdictes Heures ordonnées par Sa Saincteté, de la sorte de lectre et forme que j'en ay, ces années passées, imprimé à la requeste de plusieurs Signeurs, et signament de celles que naguères j'ay imprimées par l'ordonnance de l'Excellentissime Monsigneur nostre gouverneur le Duc d'Albe, j'ay respondu qu'obstant la susdite clausule contenue en ladicte Bulle des Heures dernières, je n'oserois le faire sans congé de Sa Saincteté. Et pourtant, je supplie très humblement V. Ill"^ et R™^ S'^ me faire advertir, si je puis bien, sans danger de conscience, imprimer lesdictes Heures, veu principalement qu'il me le seroit ainsi ordonné par Sa Majesté.

Cependant, je prie Nostre Signeur nous maintenir, etc.

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