‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 114 sur 398 · Plantin à Gilles Beys · texte numérisé non relu

Plantin à Gilles Beys

Gilles, Je vous envoyé ici vostre mémoire augmenté des sortes que demandons pour nostre boutique de ceste ville. Par quoi pourrés faire vostre cathologe qu'envoyés au Sire Ramot d'autant davantage, et ayant receu la marchandise la nous ^envoyer. Dedans peu de jours, je feray un autre cataloghe pour avoir aussi des livres de Pesnot, qui nous doit aussi, et alors manderay aussy des Cours. Dedans 3 ou 6 jours, nous vous ferons un tonneau et envoyerons ce que demandés par les vostres du 24 juillet et y adjouxterons les livres nouveaux entretemps envoyés.

Nous n'avons pas encores receu le baslot. Vous n'estes pas seul qui trouvés la Practique civile chère Mais quoy, il faut faire ce qu'on peut etc. Qtiand à la venue de Mess' Nicolo etc., je m'esbahis fort de vous de croire si de léger, comme de vous persuader que ledict ait porté quelque grand nombre de nos livres, car vous vous abusés, et afin que le consideriés mieux, je vous envoyé la facture de ce qu'il a eu de nos sortes. Que s'il en a davantage, il faut que ce soit encores de ceux de Grandion,' ou bien qu'on vous veille (faire) accroire autres choses que la vérité qui est la coustume de plusieurs, et principalement de ceux qui hantent à Paris, de se vanter beaucoup et dire toujours cent pour dix. Mais usés de réciproque, et s'ils vous disent quelque chose telle, tenés vous froid et coy, attendant l'issue avec patience, et vous trouvères leur babil estre vray babil le plus souvent.

I . Robert Granjon^ impémeur et fondeur de caractères à Lyon.

Et faut davantage qu'entendiés que je ' ne puis pas honnestement ne commodément esconduire ou nier nos livres à ceux de qui nous en prenons, ainsi comme avons faict dudict Sylvius. Parquoy faut porter patientement ce qu'ils font de nosdicts livres qu'ils prennent en payement. Mais tenés vous asseuré que tels marchés ne quantités se bailleront doresnavant, comme je fis à Grandion qui m'a abusé, comme je vous ay mandé passé longtemps.

Je vous prie de soliciter les cadeaux et en faire dilligence de les envoyer, sans craindre de me faire paier le port par les messagers. Demandés à Jaques Dupuis s'il me veut rendre response à mes dernières touchant son neveu qui est à Londres. [31 juillet 1567]

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