François Raphelengien
2. Jean Isaac, professeur d'hébreu, à Cologne, avait revu le dictionnaire de Santé Pagnino en 1 563-1 564. Ce savant habita chez Plantin depuis le 10 novembre 1563 jusqu'au 21 octobre 1564. Avant de publier, dans YApparatus de la Bible Royale, le dictionnaire de Pagnino, Plantin le fit une seconde fois revoir par François Raphelengien.
Quant aux six mille ducats, desquels j'ay supplié d'estre aidé par Sa Majesté, je ne les désire tout à la fois, mais seulement mille ducats premièrement, pour m'aider à faire le reste des frais qu'il convient faire pour ladicte entreprinse, et principalement de la provision du papier, et puis, estant la besongne en bon train, je désirerois encores cinq cents ducats, et puis ainsi, de trois en trois mois après, à chacunne fois autres cinq cents ducats, continuant ainsi le payement, peu à peu, selon que je irois ainsi continuant à monstrer les feilles faictes à qui il plairoit à Sa Majesté ou à V. S. l'ordonner. Car je ne désire, après les mille premiers ducats (dont je suis prest d'obliger tout ce que j'ay ou bailler piège), de recevoir aucuns deniers, sinon ainsi comme je continueray à monstrer besogne faicte.
Q.uant au papier, j'ay proposé d'user de ces deux sortes dont j'envoye ici 2 feilles de chacun.
Le plus grand d'iceux ferois je venir d'Auvergne et m'a par cy-devant cousté le semblable, l'ayant achapté sur le lieu et faict venir à Anvers, quatre florins et dix patars la rame.Cesmy-ci seroit pour faire la moictié desdictes Bibles, je dy du nombre d'icelles et non partie de chaicunne Bible, et ce pour ceux qui désirent plustost avoir quelque chose d'excellent que d'y espargner l'argent. Et de ceste sorte de papier ici, ay je bien petit nombre encores, mais j'ay la commodité assez d'en recevoir, après avoir [obtenu] argent, car je l'achapte au comptant» L'autre moindre ferois je venir de La Rochelle ou de Troye en Champagne et jà en ay je quelque 500 rames, lesquelles me coustent 57 patars la rame rendue à mon logis. Les Bibles imprimées sur ce papier ici seroient pour le commun, qui n'est si cognoissant ou n'a
le moyen d'y employer tant d'argent, ou bien qui ne se délectent pas à la belle marge du livre.
Quant au nombre des volumes,j'espérerois d'imprimer lesdictes Bibles avec toutes les adjonctions cy-devant mentionnées en huit volumes, lesquelles, toutes choses calculées au plus près et le mieux que je puis, j'espérerois de pouvoir donner pour le prix de dix ou douze ou (au plus haut prix) quinze ducats. C'est-à-dire que j'estime que je ne les pourrois pas donner ou vendre à moins de dix ducats et aussi que le prix n'excédera pas aucunnement quinze ducats.
Voylà, Monseigneur, ce que je puis escrire de certain touchant l'impression desdictes Bibles, jà désirées de maints grands personnages qui m'en escrivent souvent et exhortent à persister en ma volonté et entreprinse, et mesmes, escrivant la présente, je rèçoy lectres de M. G. Poste), qui semblent m'esire escrites par iceluy à ceste seule intention \ et pourtant que lesdictes lectres m'ont este rendues si à propos, j'ay bien voulu (encores que l'auteur soit tenu pour fantastique et resveur) les transcrire pour en envoyer le double à V. S. pour une espèce d'allusion à mon espoir que j'ay testifié en ma dédicatoire du Cathéchisme catholique ' à Sa Majesté, qui est,