Tlantin à ^Arnold ^erckman
Signeur M* Arnold Birckman, Geste sera pour vous supplier qu'il vous plaise vous recorder comment, passant par G)logne pour aler à Francfort, le quaresme passé, je m'addressay vers vous, en vostre logis, là où nous pourmenant en un petit poelle bas, après plusieurs et divers propos touchant l'impression et vente de livres etc., nous vinsmes finablement à parler de nos comptes passés en ceste ville entre vostre frère M. GeoflFroy et moy, desquels nous estions d'accord, que j'attendrois un an le payement de ce qui m'estoit deu de reste par lesdicts comptes, et ce pour la pareille, quand aussi je vous
devrois, ce que vous accordastes aussi. Après quoy, je me mis à vous dire ces mots ou semblables en substance : Or bieriy quand aux comptes passés y ils demeureront ainsi en leur entier et ferons ainsi doresnavant tous les six mois. Maintenant je vous demande (car je sçay bien que vous avis le moyen bon et commode pour vous envers Mess, de Basle) s'il vous viendroit bien à propos et me voudrois faire le plaisir que je prinse quelques livres des Froben, Episcopius^ Hervagius, H. Pétri ' etc., sur vostre compte, à ceste foire à Francfort pour lesquels vous prinsiis ou fissOs prendre telles sortes de moy qu'il vous plairoit. A quoy vous me demandistes, pour quelle somme ou environ j'en voudrois bien prendre ainsi. Sur quoy je respondis : Pour quelque deux ou trois cens florins^ ce que vous me accordastes alors.
Et depuis encores, estant à Francfort, à la raesme foire, je vous demanday encores la mesme chose, laquelle aussi vous m'accordastes. Suivant lesquels propos et accord, je prins aussi les livres dont, à la fin de la foire, nous accordasmes ensemble, et, après la conclusion de nosdicts comptes, j'escrivis dedans mon livre de ladicte foire nostre conclusion, adjouxtant que je vous devois bailer en paiement tels livres de mon impression qu'il vous plairoit prendre ou faire prendre, en vous rabattant vingt pour cent.
De cecy je vous supplie de rechef vous souvenir à la vérité et m'en rescrire un petit mot,d'autant que vostredict frère, M* Geoffroy maintient que je prins lesdicts livres sur le compte passé et non sur l'advenir, chose que je m'asseure bien que sçavés (s'il vous en souvient) estre autrement, ainsi que dès lors aussi je l'escrivi