Plantin à de Goneville
A Mons' de Goneville.
Le 18 febvrier 1570.
Qpe je luy envoyé ung Bréviaire pars Hiemalis, relié, doré en parchemin. Q.ue j'ay addressé cent escus à Manutius pour sa disme, jusques au mois de novembre, et que je ne pense faillir au contracta si quelqu'un achapte des Bréviaires de moy et les envoyé en Espagne.
210. — Plantin au Cardinal de Granvelle. Au très illustre et R™* Cardinal de Granvelle.
18 febvrier.
Très illustre et R"« S*^
Ayant faict lier quelques exemplaires des douze que j'avois imprimé sur papier de Francfort, de la partie d'hiver, et les trouvans demeurer si gros, comme ils sont, il ne m'a semblé hors de propos, avec quatre dudict papier, en envoyer aussi 3 du commun, qui ne demeure si espois, et attendre la volonté de V. 111"* et R"* S**, avant que d'en envoyer davantage.
J 'envoyé aussi trois feilles faisants six cahiers des livrets que Mons*" le R"* Cardinal Carafa désiroit que j'imprimasse, espérant d'achever et envoyer le reste, à la fin de la semaine prochaine. J'ay esté en doubte premièrement si je devois imprimer lesdicts livrets de tels charactères '. Car la page prémise à l'exemplaire, et les
I. Les petits livres en question, 5. Gregorii Naitan:(eni Apologeicus etc., sont imprimés en caractères italiques.
lectres de V. 111* et R"* S**, portoyent que je les deusse imprimer de charractères semblables, ou plus clers, que ceux dont j'ay imprimé les Offices de Cicéron, Tan 1567, auquel an je ne trouve pas avoir imprimé ledict livre, d'autres charractères que semblables à ces trois cahiers ici enclos, qui sont imprimés Tan 1568, qu'ayant vendu ladicte première impression, je les rimprimay, et subit après, audict an, in-8°, de la lectre dont est ce cahier ici enclos. Mais considéré finablement que les charractères des Offices de Cicéron, imprimées en petite forme de 24°, 1567 et 1568, estoyent semblables à ceux dont j'avois imprimé les Épistres de Cicéron 16°, laquelle forme m'estoit prescripte, et aussi, que de ladicte lectre, qui est petite, les trois livrets n'eussent contenu que 3 feilles ou environ, je me suis résolu de les imprimer de ceste lectre, qui est pareille en grandeur, mais plus ouverte et, à mon advis, plus clère que celle dont j'avois imprimé lesdicts Offices de Cicéron in-8**. En quoy si j'ay failli, c'est contre ma volonté et affection, qui est et sera tousjours de pouvoir faire chose aggréable à V. Ill°* et R"* S** et à ses semblables, personnages doctes et excellents en toutes vertus.
J'envoye ici feilles de Lactance, que je poursuy à
mon pouvoir, et des Commentaires de Ca^sar, que j'espère achever dedans peu de jours. Cependant je prie Nostre Signeur Dieu....