‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 264 sur 398 · Plantin à Gilbert d'Oignies · texte numérisé non relu

Plantin à Gilbert d'Oignies

Le 22 febvrier.

Au R°* Évesque de Tournay.

Très noble et R"« S'.

J'ay receu le payement des livres que j'avois par cydevant envoyés à V. R"* S*®, dont je la remercie très grandement, Tadvertissant que Chronicon Urspergensis ne se trouve point ici à vendre, à cause qu'il est suspect. Mais s'il luy plaist me commander de luy en faire aporter de Francfort, je le feray très volontiers.

Quant à l'Antiphonaire nouveau, je m'employeray très volontiers, autant que mon labeur et facultés le pourront porter, et que j'y seray aidé, à y servir V.R™* S** et les Esglises qui en auront besoing. Et l'ayant receu, je ne faudray, s'il plaist à V. R"* S**, me transporter à Malines, vers Monsg' Malpas, chantre de l'esglise dudict lieu et maistre d'hostel du très illustre Cardinal de Granvelle, pour conférer avec luy de l'impression dudict livre, pour ce que mondict très illustre Signeur Cardinal m'a plusieurs fois, et mesmes par ses lectres du 2 de janvier, adverti que ledict Signeur Malpas avoit aporté de Rome le chant convenable audict Bréviaire, à l'usage duquel il m'escrit qu'il est fort excercité, et qu'en tout cela, qui concerne telles choses, il me pourra fort bien et luy ordonne de m'assister et aider. Ce que ledict Signeur Malpas m'a plusieurs fois rescrit qu'il sera prest de faire, quand je voudray me

I. Gilbert d*Oignies, né, vers 1520, à Tournai, sacré évéque de la même ville en 1565, mort le 2$ août 1574.

transporter vers luy. Monsîg' le Révérendissime de Guendt * me dist aussi, passé quelques mois, qu'il faisoit besongner à faire escrire ledict chant pour son esglise, qui jà en usoit et seroit prest de contribuer à l'impression. J'ay faict quelque monstre à la haste desdicts charractères, que j'ay prests, laquelle j'envoye à V. R°*® Signeurie, la suppliant me faire mander ce qu'elle y désire, afin que, cependant, je peusse, à peu à peu, donner ordre pour estre prest, quand besoing seroit d'y besongner à bon escient.

Cependant, je prie Dieu nous vouloir conserver V. R«« S** en toute heureuse prospérité.

D'Anvers.

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