‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 27 sur 398 · Pierre Gassen à Planlin · texte numérisé non relu

Pierre Gassen à Planlin

Cordial amy et compère. J'ay receu vostre dernière, en date du 20*, avec les greynes de choux, dont je vous remercie, et voudroys bien en avoyr encor pour 12

I . Le bon père dont il s*agit ici et dans une des lettres suivantes de P. Gassen, est probablement Henri Niclaes, le chef de la secte religieuse, la Famille de la OxirUéy à laquelle Plantin était affilié à cette époque. Le fils aîné de Henri Niclaes était établi à Anvers. La secte comptait plusieurs adhérents à Paris, et, si notre supposition est iondée, Pierre Gassen était du nombre. Voir ; Max Rooses, Christophe Plantin, chap. IV,

patards, tout de la melleure que pourrés recouvrer. Vosdites letres nous ont donné grand soulagelemententendant qu'aviez receu vostre tonneau et baie tout bien conditioné, car il y en avoit eu poyne à cauze des paques etc. Je vous remercie de la dilligence faite à fayre acoustrer nos peaux, desquelles avons bien fort afFayre, estans à présent toutalement dessortis desdiies sortes. Je suys bien ayse que puissions avoyr à comandement le pouvre maistre Jaques à nous servir, en le bien payant et qu'il soit loyal et secret, et m'avés faict plésir de lui avoyr preste ou baillé, pour des gages, son lit. Je vous ay en çà, par mes dernières, prié luy bailler encor 3 fl. ; vous mettrés tout sur mon conte. Et s'il vous semble bon, je seroys d'avis de luy donner encor dores en avant 2 ou 3 patards par jour pour s'employer tous les jours une heure au matin et autant au soyr pour nos afFayres, ainsi que luy ordonnerés et principallement à veoyr, deux foys le jour, les courroyeures qu'ilz diligentènt nostre besogne et la fassent bien tout le mieux * que possible sera. Mesmes le pourriez envoyer à Malines vers la béguine, et veoyr là le cours et nombre des marroquins qu'il y a et les pris au vray, chose qui nous pourroit bien servir de le bien sçavoyr. Et par ainsi le pourriez employer en tout ce qui pour nous seroit besoin et que conoistriez qu'il pourroit ou voudroit bien fayre, et alors le payer ses journées ou despens raisonablement, ainsi que verriés estre bon. Car je seroys bien ayse que vous fussiez soulagé de tant de poynes et par trop à mon gré d'empêchement que je vous donne, et que seulement vous fissiez les ordonances et comander ce que luy ou autre pour moy auroit affayre et tenir la quesse pour les payer seulement.

Je rescris audit maistre Jaques ; vous verres la lettre et en ferés comme bon vous semblera et de tout serés avoué, vous priant me donner avis de ce qui vous en semble et sy cella sera bon ainsy de remployer ainsi pour nous etc.

J'ay ici quelques portugoises, et anges neufs et marionettes * et voudroys bien sçavoyr le juste pris qui valent par dellà pour etc. Monsieur Canaye, lequel de jour à autre attent de son frère une lettre de change de 500 îb de gros m'a promis en prendre de moy 300 ft de gros pour les vous payer par dellà, et suys après tous les jours pour la retirer et vous l'envoyer, ce qu'il m'a promis et dit qu'il ne peut passer 3 jours qu'il n'aye les letres, ce qui me tarde et m'enuye plus que toutes mes autres aflfayres, pour ce qui est deu à monseigneur de Bombergue, et ne tient d'argent lequel est tout prest, grâces à Dieu, et davantage, mais la perte est partout grande, les pistoles valent 30 s., les escus sol 52 s. parcoy n'y a ordre. Il faut autre moyen, pourcoy vous prie escuser pour un peu etc, espérant que nous contenterons tout avec raison.

Le 21' du présent, j'ay chargé par Jaques Uguebart, voyturier de Lisle, deux balles grandes, N° 2 et N° 3, merquées à ma merque à vous adressant, là où il y a 42 douseynes de peaux. Lesquelles je vous suplyeroy entendre et les retirer, desbaler et fajnre merquer et prendre avec maistre Jaques encor un homme pour luy ayder à les bien merquer, plus tost à double merque, et en fa)Te fayre une toute la melleure et la plus mal aysée à contrefayre que possible sera, en payant le

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