‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 4 sur 398 · D^artin Le Jeune * à Christophe TIanitn · texte numérisé non relu

D^artin Le Jeune * à Christophe TIanitn

Sire Christophle. Recevant le 3* de juillet 1558, par les mains du Sire Gassen ', la marchandise que m'avés envoie dans le tonneau dudict Gassen, voyant qu'il n y avoit lettre d'advertissement, j'en fis ung mémoire auquel je trouve beaucoup de faultes, suivant votredicte lettre d'advertissement. Je ne sçay cy vient de ceulx qui prengne charge de la marchandise ou de autres,

1. La lettre ne porte point Tannée où elle fut écrite. Cependant, tout fait présumer qu'elle fut expédiée peu de temps après rarrivéc de Plantin à Anvers.

2. Martin Le Jeune, imprimeur-libraire à Paris, était le principal correspondant de Plantin en France. Il date ses lettres de • De vostre maison », ce qui nous permet de conclure qu'il louait de Plantin une maison que celui-ci avait acquise à Paris. Cette propriété, que Plantin fît vendre en 1582, était située en la rue Sainct Jehan de Latran, près Sainct Benoist, devant le collège de Cambrai, et avait pour enseigne Timage de Saint Christophe.

3. Depuis son arrivée à Anvers jusqu'en 1573, Plantin a été en relations d'amitié et d'affaires avec Pierre Gassen, lingier de Messieurs, frères du roi, à Paris. Il achetait pour lui, dans les Pays- Bas, des articles de lingerie et des dentelles. Jean Gassen, neveu de Pierre, épousa, en 1571, Catherine, la troisième fille de Plantin.

mais la faute est fort lourde, laquelle faute je vous specifiray en la fin de la présente. Je suis émerveillé de ce que n'avés receu nulles responces de moy depuis la foire de Franquefort, veu que vous ay escrit deux fois. Par Tune desdictes missives, je vous fesois certain comme j'avois receu la marchandise de Francfort que m'avés envolée, de quoy je vous remercie de rechef. Quand aux Heures, Brévières et Diurnaux que m'avés envoie, après estre adverti qu'en vouliés faire relier, j'é incontinant porté de l'ung et de l'autre chez le laveur pour laver et rigler, et quand et quand j'en ay porté d'autres chez le relieur pour commencer à en relier ainsy que le désirés ; mais il faut qu'entendiés qu'il n y a guères de relieurs quilz veulent faire de ceste besongne, parquoy aurés patience, vous assurant qu'en feray autant de diligence comme cy vostre présence y estoit. J'avois jà envoyé à Lyon de vos petites Heures * devant que j'eusse receu vostre lettre de facture, et les ay envoie à i8 deniers; je n'y pers que la voicture, de quoy j'ay tousjours paie cent soulz pour cent. Je n'ay encore receu ce que me mandés me avoir envoie du 13* de juillet qui est les premières et dernières feuilles de Septentrium ', etc. Quand aux Secretz ' que demandés, vous ne spécifiés le nombre qu'en voulés, j'en ay mis seulement que 12 exemplaires. Touchant Jean Laurens, marchant de Tomay, je vous prie de rechef y prendre ung peu de soing. Outre, vous m'escrivés qu'avés trouvés fautes

1. Hevres de Noitre Dame, à Vvsage de Romme (Planiîn, 1557, in- 120).

2. Historia de Geniibvs sepUntrionalibvs avthore Olao Magno, In Epiiomen redacta (Plantin, 1558, în-8o).

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