Henri Niclaes
— gisants et fait (à la réquisition de l'annoncement de l'évangile sainct de Nostre Signeur Jesus-Christ) pénitence de leurs péchés, ont ensuivi Nostre Signeur Jésus- Christ en sa passion, mort et ensevelissement, jusques à la résurrection et vie éternelle, par l'ascension d'iceluy au ciel, à la dextre de Dieu son père, d'où il conferme les siens qui restent pour annoncer et tesmoigner aus peuples les faicts magnifiques de l'éternel, et que Dieu a constitué un homme, par lequel il jugera la terre et séparera les boucs d'avec les brebis, que luy-mesmes il paistra de pasture non périssable, mais qui nourrist en éternité ceux qui en mengent, et par icelle viennent par Jésus-Christ à estre finablement héritiers de la vie étern'.Ue, à laquelle nous veille conduire le souverain Dieu du ciel et de la terre par iceluy son fils éternel Jésus- Christ en l'union du sainct Esprit, lien de toute charité à jamais. D'Anvers, ce 17 may 1567. *
I . Cette lettre, la réponse de Postel et la seconde lettre à ce dernier, écrite par Plantin le 7 juin 1567, formaient un petit rouleau, retrouvé par nous parmi les papiers de Tofficine plantinienne. Elles font partie des documents peu nombreux prouvant clairement Taffiliation de Plantin à la secte d'Henri Niclaes. Les preuves indirectes ne manquent point. La doctrine de la Famille de la Charité est fort nébuleuse. Henri Niclaes mettait la Charité, c'està-dire Tamour de Thumanité, au-dessus de tous les dogmes. Par l'observation de ce premier des préceptes devait s'accomplir l'œuvre que le Christ n'avait pas terminée. Ce dogme était le seul qui eût de la valeur. En fait de morale, il prêchait l'abnégation et condamnait l'égoîsme de la manière la plus absolue. La Famille de la Charité avait une organisation hiérarchique très compliquée dont Henri Niclaes était le chef suprême et autocrate. 11 prétendait êtr^ en communication directe avec la divinité qui lui révélait sa doctrine.