Planiin à Çayas
A Monsieur Monsigneur Gabriel de Çayas, Secrétaire d'Estat de Sa Majesté
en Espagne.
Monsigneur,
Geste estant la quatrième que j'envoye à V. S. depuis que j'ay, à mon retour de la foire de Francfort, receu les vostres du 25 de février, je ne répéteray autre chose, fors que je demeure prest d'obéir au commandement de Sa Majesté et de V. S. en tout ce qui me sera commandé, soit en l'impression de la Bible en quatre langues, suivants les avertissements par cy-devant donnés, soit en l'impression des œuvres de Monsigneur Sepul-
veda, de longtemps attendues, ou en autres choses qui me pouroyent estre commandés et qui soyent en mon pouvoir. A quoy faire je me trouve d'autant plus délibéré que, grâces à Dieu, nous avons maintenant un espoir indicible du bon portement et prospérité des aflfaires qui concernent la vraye religion catholique et romaine en ces tant nobles païs, naguères tant troublés et maintenant, grâces à Dieu, tant paisibles, par le bon conseil de Sa Majesté et ordre suivi par Son Altèze, que j'ay bien espoir et asseurance que les desvoyés ne viendront jamais à telle outrecuidance que de penser seulement à introduire leurs sectes à Tencontre de la saincte volonté de Dieu, de Sa Majesté et de tous les bons chrestiens, vrais amateurs de paix, repos et tranquilité.
J*envoye ici à V. S. Tindice des livres que j'ay sous la presse, deux desquels, marqués i. 2. sur la marge, m'ont esté envoyés de Rome par Monsigneur le révérendissime Cardinal de Granvelle, avec lectres bien instantes de les vouloir imprimer V S'il est chose que je puisse, le commandant, Vostre Signeurie sera obéye d'aussi bon cueur que, me recommandant très humblement à elle, je prie Dieu la maintenir en prospérité comme elle mérite.
D'Anvers, ce 22 juin 1567.
Le très humble et très obéissant et bien affectionné serviteur de V. R. S.