‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 78 sur 398 · Plantin à Pierte Daniel · texte numérisé non relu

Plantin à Pierte Daniel

A Monsigneur Mons' P. Daniel

à Paris.

Monsigneur Daniel, Depuis le temps que de vostre grnce m'envoyastes les deux livres de Monsigneur Donatus, je n'ay sceu tant faire qu'aucun des visitateurs, ordonnés pour Tapprobation des livres qui s'impriment par deçà, me voulût approuver pour bons lesditr, deux livrets, jusques au jour d'hier que, la court estant en ceste ville, la faveur de mes amis a faict que l'un desdits visitateurs ait entreprins de les lire et approuver, ostant ce qu'il trouveroit estre nuisible au temps etc., et m'a promis iceluy de m'expédier ceste semaine Jesdits livrets. Ce que faisant iceluy, et les soussignant bons et ne contenans rien de contraire aux meurs, ne l'esglise et

I. Pierre Daniel, avocat et commentateur d'auteurs classiques, publia VAuîuîaria de Plaute, les commentaires de Servius sur Virgile, etc. Plantin n'imprima rien de lui. Il mourut en 1603.

foy catholique, j'auray facilement le privilège de la cour pour la faveur des amis que j'y ay et de tout vous advertiray et feray tout devoir.

Quant à l'autre point dont demandés estre incontinent aJverti et acertené, si j'ay receu un Virgile commenté par ung d'Italie pour imprimer ; soyés asseuré que, passé jà quelques mois, Monsigneur le Cardinal de Granvelle m'a envoyé de Rome un Virgile pour imprimer, lequel porte le tittre suivant VirgiliuSy collatione scriptorum gracorum illustratus, opéra & industria Ftilvii Ursini. Iceluy ay je commencé d'imprimer ces jours passés par le commandement et prière très instante de mondict Signeur le Cardinal de Granvelle, qui depuis m'a encores envoyé un autre livre en téologie pour imprimer, qui est Commentarius Card. Seripandii Episcopi Salcrnitani etc. in Epistolam ad Galathas, lequel est aussi commencé. Reste, Monsigneur, qu'il vous plaise m'adveriir de ce que me promeciés par vos lecttres touchant le Virgile susdict, au moins si c'est celuy que vous pensés et s'il y a chose en tel ou autre à faire qui me compète ou les amis, car je désire en cela et toute autre chose suivre la raison.

Qui sera l'endroict où me recommandant très humblement à vostre bonne grâce, je prieray Dieu vous maintenir en la sienne. D'Anvers, ce 22 juin 1567.

L'entièrement vostre à commandement serviteur et amy

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