XLVI
dernière raillerie humaine qui reste à la littérature moderne, les gouvernements eux-mêmes, en en flagellant (si je puis) l'imbécillité continue, et en montrant qu'il ne s'agit que de hiérarchiser la capacité et mettre le despotisme dans la forme sociale et non dans les individus.
Puisque vous m'avez indirectement encouragé, par une rare intelligence de mon livre, permettez-moi de vous exprimer ma gratitude en vous montrant l'œuvre difficile pour laquelle vous m'avez rendu quelque courage. Les critiques de bonne foi sont si faciles à compter par le temps de haine et d'envie où nous sommes, que ce serait un devoir pour un écrivain de sympathiser avec les âmes généreuses dont il est compris, si ce n'était déjà un plaisir.
Agréez l'expression de ma haute considération et mes compliments empressés.
A M. THÉODORE DABLIN, PROPRIÉTA RE, A PARIS.
Paris. 2 mars 1840.
Mon vieil ami,
Si vous avez, dans votre cercle, des personnes qui souhaitent assister à la première représentation de Vautrin et qui soient bienveillantes, j'ai le droit de faire louer des loges à mes amis plutôt qu'à des inconnus. Je tiens à ce qu'il y ait de belles femmes. — Ainsi faites-moi savoir promptement, dans ce cas-là, les noms, pour que je les indique. Je vous enverrai, à vous, une stalle; il y a déjà
plus de demandes que de loges, et nous sommes obligés de sacrifier les journalistes!
Mille amitiés.