‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 138 sur 226 · MÉMOIRE POUR TUNIS · texte numérisé non relu

MÉMOIRE POUR TUNIS

En arrivant sous la Gonlette il faut arborer un pavillon blanc pour faire savoir à la terre <pie l'on vient comme amis.

L'on leur fera dire qu'Amurat ayant témoigne" au roi qu'il désirait lui rendre tous ses sujets et vivre en parfaite intelligence avec lui, conformément au traité du grand-seigneur, le roi a envoyé ses vaisseaux pour l'exécution de ce dessein et pour faire un traité, et qu'ayant appris la mort d'Amurat , on a cru qu' Ahmet-Raïs , qui est chef de son royaume , aura joie de conclure ce traité.

Pour cet effet le roi demande trois choses :

La première , tous les sujets , de quelque façon ou manière qu'ils aient été pris, et consent de rendre aussi tous ceux de Tunis qui sont dans son royaume.

La seconde, que ceux de Tunis aient un homme de condition en France comme il eu tiendra un à Tunis, afin de tenir le commerce cl trafic libres de part et d'autre.

La troisième, que le cap Nègre soit remis entre les mains du roi comme il a été autrefois, aiiu d'avoir avec eux le commerce libre de blés, chevaux, cires, cuira, la pèche du corail et toutes autres marchandises, comme on leur permettra d'emporter draps, toiles, étoiles et toutes marchandises, à la réserve, de part et d'autre, des armes, munitions de guerre et de navigation.

Que si ces choses étaient accordées, il faudrait faire le traité, à la charge de le faire ratifier par sa majesté ; et s'il y avait moyen de pouvoir retirer tous les esclaves pour les emmener, laissant audit Tunis quelques otages pour la sûreté de la reddition de leurs gens.

Que s'ils ne voulaient pas rendre tous les esclaves et qu'ils se voulussent contenter de faire le traité pour l'exécuter en rendant l'un ou l'autre, il faudrait tâcher de les obliger d'emmener nos chrétiens à venir quérir les Turcs, sinon, pour le bien de ces pauvres esclaves, faudra s'accommoder k cela ; mais surtout il faut qu'ils rendent générale-

ment tous les chrétiens, tant ceux qui seront à la ville que ceux qui seront à fa campagne.

Que s'ils veulent consentir à donner le cap Nègre, il faudra mettre dans le traité que l'habitation pourra être fermée de si bonnes murailles ou de si bons fossés que les Maures ne pourront faire mal à ceux qui y habiteront.

Que si d'aventure ils ne voulaient rien faire, il faudrait faire le pis qu'on pourrait à leurs vaisseaux, et bien reconnaître les lieux afin de se préparer pour lorsqu'on serait en état d'entreprendre sur eux.

Surtout il faudrait aller voir Port-Farine, s'il y avait moyen , et l'entrée de Biserte.

Pendant qu'ils seront à la rade, ils ne laisseront entrer ni sortir aucun vaisseau que le traité ne soit fait ou rompu, pour s'en saisir en cas de rupture ou les libérer en cas d'accord.

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