AU PACHA DE TUNIS
Trbs-illdstke SEIOEUR ,
J'ai reçu la lettre qu'il vous a plu m'écrire, si remplie de civilités et d'offres, que j'ai estimé à propos d'en donner avis au roi mon maître, afin qu'il sache à quel point de bonne, volonté vous êtes porté pour cette couronne ; aussitôt que j'en aurai la réponse , comme je l'attends de jour à autre, je ne manquerai pas de vous la faire savoir; cependant je vous prie de croire que j'ai mis ordre que vos gens et tout ce qui vous appartiendra soient traités comme personnes zélées et affectionnées au bien de cet État.
Je n'eusse point tant attendu à vous donner de nos nouvelles , si votre dépêche m'eût trouvé en Provence; mais elle m'a été rendue à la mer, aux côtes de Catalogne , où je vous dirai que nous tenons une armée d'Espagne ennemie assiégée dans une ville nommée Tarragone, qui est en telle extrémité qu'on estime qu'elle est à bout de tout, et prête à se rendre. Pour l'armée navale des ennemis , elle est composée de quarante galères et vingt -cinq ou trente vaisseaux, lesquels nous avons déjà battus plusieurs fois, et pris douze ou quinze de leurs vaisseaux , deux galères , quantité d'autres bâtiments , et tous les forts le long de la côte, de sorte que le royaume de Catalogne et le Roussillon sont à présent dans l'entière obéissance du roi , à la réserve de deux places , que nous espérons faire sauter avant qu'il soit peu.
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Celui de Portugal étant revenu à son premier état, comme vous ;ivez pu l'apprendre , et sa majesté assistant puissamment le roi de ce pays, je ne sais pas ce que vous pourra faire l'Espagnol ; bien vous puis assurer que les affaires de France sont à un haut point, et que nous remportons toujours des avantages de tout côté.
Quand il y aura quelque autre nouvelle, je ne manquerai point de vous en faire part , et de vous continuer de (aire le même , puisque je suis, etc.
M. de Montmeillan reçut la note suivante sur le but des traites qu'il e'tait chargé de négocier, et sur les dispositions du nouveau bey de Tunis à l'égard de la France.