MÉMOIRE. — JANVIER
soit à propos de s'assurer des places de mer, qui peuvent mieux que celles de terre être garanties de surprises et des intelligences des ennemis, et secourues plus aisément en toute saison. Pour cet effet, il sera nécessaire de former promptement un corps de cavalerie et d'infanterie , la meilleure qu'il sera possible, suivi d'un train d'artillerie et de vivres, sous le commandement de M. de Schomberg ou de tel qu'il plaira au roi, ira par terre à Collioure, et s'y rendra au même temps que l'armée navale , qui sera quelques jours avant à Cadequia.
Les deux aimées jointes ensemble attaqueront Collioure par mer et par terre, et la pourront, selon les apparences , réduire en peu de temps ; après quoi , l'ayant fortifiée et assurée par une bonne garnison qu'on y laissera, lesdites armées chemineront vers le cap de Roses, et leurs vaisseaux et gain e-, portant l'artillerie de terre, les vivres, équipages et bagages, et même les gens de guerre, s'il était besoin, laissant seulement les chevaux à terre pour être menés en main, et passer ainsi aisément par lePei tuis ou les autres montagnes.
Lorsque l'on sera maitre du port et ville de Roses, et que l'on y aura laissé bonne garnison avec suffisance de vivres et munitions de guerre , l'armée navale pourra aller vers Salses et les Alfages, où s'étant emparé des forts et les ayant garnis d'hommes et autres choses nécessaires à leur sûreté , on avisera d'entreprendre ce que l'état des affaires pourra lors désirer.
Pour l'effet que dessus, il serait, ce semble , à propos d'envoyer des troupes d'infanterie pour embarquer sur les vaisseaux avec un train d'officiers d'artillerie, et faire fonds pour l'envoi et subsistance des uns et des autres pour six mois , ou pour autant de temps qui sera jugé nécessaire.
Mais surtout, il est important de faire fonds pour l'entretien des garnisons et des officiers d'artillerie qui seront bissés dans les places, afin qu'ils puissent vivre sans désordre et conserver notre réputation chez ces peuples, qui autrement auraient bientôt dégoût de notre assistance.
Il sera aussi du tout nécessaire d'envoyer quantité de poudre, mèche.» et plomb , et même des armes ; nous tenant assuré qu'il ne se trou-
vera dans ces places aucune chose de celles qui feront besoin pour le»
conserver.
On ne fait aucune mention, en ce mémoire, du fonds des vivres qu'il faudra mettre auxditea places, étant assez connu qu'il n'en faut pas manquer , et que c'est le summa rerum en ces occasions.
Ce nouveau traité fttt négocié avec les Catalans.