LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — OCT
Je vous prie de donner tous les ordres nécessaires à ce que , ainsi que vous me l'écrive/., nous puissions mettre en mer au mois de mars, et par après passant par Brouage, selon que vous me le mandez, vous en venir ici , afin que nous résolvions tout ce qu'il faudra faire l'année qui vient cl pourvoyions aux moyens de l'exécuter.
Il faut faire quelque beau et bon dessein qui répare les malheurs qui sont arrivés aux affaires du roi celte année, ou par la lâcheté, ou par l'ignorance et la malice de quelques uns de ceux qui y ont été employés.
Comme vous jugez que c'est chose nécessaire que vous retourniez en janvier à Brest , le plus tôt que vous pourrez vous rendre ici sera le meilleur, afin que vous puissiez être de retour sans faillir au temps susdit .
J'ai envoyé le capitaine du Mé en Normandie ; c'est où les vaisseaux cpie vous y renvoyez seront le plus sûrement , et les y faire mettre.
Je serai très-aise que vous ameniez des capitaines de brûlots de deçà , afin que nous voyions si on s'en peut servir à quelque bon dessein ; mais le sieur du Mé m'a représenté que si on fait des brûlots de deçà , ceux de Dunkerque en pourront être avertis, et que si on \eul entreprendre quelque chose de considérable il faut faire faire Iesdits brûlots à Saint- Malo ; ce à quoi vous mettrez ordre, s'ij vous plait. L'espérance que j'ai de vous voir bientôt m'empêche «le vous en dire davantage , sinon que je suis et serai toujours ,
Monsieur ,
Votre très-affectionné comme frère à vous rendre service,
Le Cardinal de Richelieu.
M. de Bordeaux étant arrivé à Paris le 20 novembre , alla saluer le roi, accompagné de ses capitaines de marine, qui furent tous bien reçus de Louis XIII et de M. le cardinal. Un mois après, M. de Bordeaux fut un des prélats qui assistèrent au service solennel du père Joseph , capucin et commissaire général des missions apostoliques ; ce confident intime de M. le cardinal de Richelieu étant mort d'apoplexie à Ruel, le 18 décembre iG38.