LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — AVRIL
et autre* commodité* de chaque appartement, ce qu'attendant je demeure ,
Monsieur,
Votre très-affection né comme frère à vous rendre service.
Le Cardinal de Richelieu.
D* Ruel, le v, »»ril i63g.
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU A H. l'archbvbqub de bordeaux, touchant l'armée navals DE 1639.
Monsieur ,
Bien que je voua aye écrit depuis deux jours assez amplement , par le gentilhomme que vous m'avez envoyé , je ne laisse de voua envoyer ce courrier exprès pour donner une dernière bénédiction à votre armée , assuré de son parlement, à laquelle cette lettre arrivera , à mon avis.
J'ai été bien aise de vous dire comme vous ne trouverez pas les vaisseaux de Dunkerque joints à ceux d'Espagne, comme vous pensiez, sachant assurément qu'ils doivent revenir dans peu de temps à Dunkerque.
J'ai cru aussi vous devoir faire savoir que l'Espagne est en grand étonnement de votre armement , <pie toute la côte est en une terrible crainte, ce qui me donne lieu de bien augurer de votre voyage.
Nos avis d'Espagne portent que l'amas des vaisseaux se fait à la Corogne ; vous en apprendrez plus de nouvelles étant à la mer, mais j'ai été bien aise de vous faire savoir ce que nous apprenons par la voie des marchands, qui est souvent la plus assurée.
Je vous avoue que j'ai grande espérance de votre voyage, tant sur celle que je vous ai vue étant ici que sur l'état présent des affaires. J'espère beancoup plus de votre mer que de la terre.
Si vous faites quelque bon effet , et que vous preniez pied en quelque lieu , assurez-vous que l'argent que vousdésirez sera aussitôt à la Rochelle que vous l'aurez mandé.
M. le grand-prieur feit grande difficulté de vous donner Chauvin. Je
vous envoie expressément un billet à ce qu'il vous le donne absolument si vous le désirez ; je juge qu'il vous peut être grandement utile.
Je prie Dieu de tout mon coeur que vos brûlots vous servent aussi heureusement que l'année passée, et je ne saurais m'empccherde croire que nous recevrons de bonnes nouvelles de votre part.
Faites donc voile au plus tôt avec la confiance que vous devez avoir en Dieu et en la bonne fortune du roi et en la vôtre, cl assurez toute l'armée, en leur disant adieu de ma part, que je serai ravi de faire valoir leurs bonnes actions auprès du roi , ainsi qu'ils le peuvent désirer et selon que vous m'en donnerez connaissance. Vous priant dem'avertir particulièrement de tout ce qui se pissera en votre voyage, que je vous prie de ne pas diirércr davantage, puisque vous pouvez bien juger combien il importe de n'attendre pas que les ennemis soient entièrement prêts de vous recevoir.
Il ne me reste qu'à vous assurer de l'affection particulière que j'ai pour vous, de qui je suis,
Monsieur,
Très-affectionné comme frère à vous rendre service.
Le Cardinal de Richelieu.
Dr Riiel , rei" mai i61g.
La pièce suivante était jointe à la dernière dépèche de M. le rardiual de Richelieu.