AVIS. - JANVIER
dans le fossé par un petit chemin qu'est du côté des jardins par-dessus la darse. Il y a deux coffres dans le fosse du côté de l'avenue de Nice et point de terre à plus de deux cents pas.
Mon tauban est fort petit et sans terre dedaus , et l'on peut battre par la face qui regarde la grande terra.*
Il y a deux faces du château de Nice contenues dans la ceinture de la ville; on estime que les deux bastions qui sont à la tête du travail se peuvent miner étant tout de terre, comme aussi le bastion qui regarde Moutauban. Le côté de la ville se peut miner ; mais il est à remarquer qu'on y a fait une estrade couverte sur le penchant qui en empêche la venue. Si la ville et Monlauban étaient pris, l'on peut faire une circoiivallation ou retranchement dans uu vallon qui viendrait de la ville répondre à la mer, de sorte qu'il ne se pourrait plus faire de secours tpie par mer , qui serait assez diflicile si on avait fait une batterie de l'autre côté de la baie qui est asse?. étroite , et au fond de ladite baie, proche du retranchement susdit , pourvu que l'on fût maitre de la mer.
La ville n'est ni bonne ni mauvaise, les murailles étant assez bonnes, mais peu de flancs, et ceux qui y sont fort petits, de sorte qu'on estime qu'on peut en venir à bout.
l u gentilhomme nommé Lamalle, qui dit avoir demeuré long-temps dans le château de Nice, en connaît parfaitement les environs, remarque deux choses : la première, que le chAteau est minable du côté de la ville, étant un rocher pourri qui n'est guère plus difficile que la terre un peu ferme; et défait l'on travaille maintenant à un fossé tout autour du côté de la ville, pour empêcher qu'on puisse aller facilement.
La seconde chose , c'est qu'il y en a un sur le haut de la moutagne qui va depuis la marine jusqu'à Moutauban , et depuis Moutauban jusqu'au vallon où est le chemin qui vient de Villefraiiche à Nice, qui esl de telle nature qu'avec grandissime facilité l'on le peut accommoder en sorte qu'on en ferait une ligne de circonvallation qui empêcherait l'accès du château, et que du lieu où manque cette arête jusqu'à la ville, c'est bonne terre où on peutfaire des retranchements, y ayant même force
m LIVRE V. — CHAP. VIII.
bois sur les lieux pour faciliter. De sorte qu'il estime que la ville de Montauban étant prise l'on pourrait facilement en empêcher l'accès par terre du château.
Il estime aussi que faisant une batterie sur la pointe de terre qui es! de l'autre côté de la calle sbus le château , qu'on peut empêcher qu'aucun secours y aborde de ce côté-là par la mer. .