‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 56 sur 226 · MÉMOIRE POUR LES AFFAIRES D'ITALIE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE POUR LES AFFAIRES D'ITALIE

Depuis le commencement des guerres, on a vu que l'état de Milan n'a reçu ses secours que par la voie de Gênes et de Final, tint d'hommes, vivres, munitions qu'argent , et s'il a reçu quelques hommes d'Allemagne, ce n'a pasété nombre considérable, et qui ont beaucoupplus coûté aux Espagnols qu'ils n'out rendu de service , ayant ruiné le Milanais

Or, pour empêcher les secours sans que la république de Gênes puisse prendre aucune jalousie, et qui l'obligera à user envers nous de la même sorte qu'elle fait avec les F^spignols, c'est la prise de Final , laquelle sera d'autant plus facile en cette conjoncture que le marquis de Leganez, après la grande déroule qu'il a eue sous Casai, n'a pu mettre jusqu'à présent que huit à dix mille fantassins sur pied, la moitié milice et environ quatre mille chevaux, tirés, j'entends, de la soldatesque payée des garnisons «lu Milanais, Montferrat et Piémont, et qu'il se

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trouvera assez occupé à s'opposer aux progrès de monseigneur le comte d'Harcourt.

Outre que son armée étant sur la défensive du côté de Verceil et Turin , ledit Final sera emporté avant qu'il puisse passer au secours. Le» bourgs dudit Final, tant de la marine que de terre-ferme, seront emportés de plein abord sans grande résistance , et l'on trouvera des hommes pratiques du pays qui serviront de guide pour faire la descente, et se saisir des avenues pour empêcher que les milices ne se jettent ni dans les bourgs ni dans le fort, qui ne défend eu aucune façon lesdiu bourgs, où l'on trouvera un bon butin et où les Espagnols font toute la poudre dont ils se servent eu Italie.

Cette acquisition nous produira celle du Montferrat de deçà le Tanaro, où sont les places de Nice de la Paille, Acqui , Ponson et infinis autres petits lieux jusqu'aux portes d'Alexandrie et de Gavy , où passent tous les convois d'argent et de munitions qui viennent de Gènes, lesquels , par ce moyen , seront facilement empêchés.

Et si on se voulait résoudre, selon les propositions du .

, qui demande toujours d'être employé avec

grande instance , et qui véritablement peut beaucoup ici , ayant des amis et de grandes intelligences dans le Milanais , de faire un fort royal au couvent du bois , non seulement le passage de Gênes leur sera interdit , mais nous demeurerons maîtres de tout le Milanais de deçà le Pô , nous nous donnerons la main avec M. de Parme, qui n'attend que l'occasion de se déclarer, n'ayant eu aucune satisfaction de ce (pie les Espagnols lui ont promis par leur traité. Et les langues (sic), qui sont le Gengio, Mondovi, Sene, Coni et autres, ne pourront plus être secourues, ni Alexandrie, Ast et Villeneuve, qu'avec grandes difficulté».

Et parce que d'ordinaire les maladies causées par les grandes chaleurs et autres accidents font perdre quantité de soldats, il serait nécessaire de rafraîchir l'armée, dans deux mois, de quatre ou cinq mille hommes, pour éviter le retard que cela pourrait apporter à l'exécution des desseins et aux .progrès des armes du roi , qui pourraient ne pas réussir faute de gens.

' Ea blanc dant l'urigioal.

Quant à l'Ile de Sardaigne, on n'y fait aucunes fortification* depuis que l'armée prit Oristan, sinon une demi-lune au golfe de Cagliari proche de la tour de Saint-Délie, où l'on a mis sept ou huit pièces de canon, quoique ce soit fort peu de chose et qui n'empêche pas l'entrée dudit golfe et que l'on ne mouille partout où l'on voudra ; et ledit Cagliari n'est nullement fortifié par terre, et les faubourgs serviront rie logement et faciliteront les approches quand on aura mis pied à terre. Toute la difficulté sera h prendre la forteresse d'en haut et celle d'en bas qui est le fort : il y a dans celle-ci dix-huit à vingt pièces de canon et quelques Napolitains qui ne peuvent tirer un seul coup de mousquet sans ordre du gouverneur, et dans celle— là plus grande quantité de canons gardés par ceux de la ville même; mais elle est sans eau et toujours sans aucun bois et sans pain, qui tout leur vient de dehors; si bien qu'il serait aisé de la surprendre, et autant plus que le lieutenant du roi qui y est à présent ayant fait donner uuc alarme depuis peu de temps, on a remarqué que la plus grande partie des habitants qui venaient aux murailles se trouvaient, qui sans mèche, qui sans poudre , qui sans mousquet ni autres armes.

Elle ne peut être secourue que par ceux du pays, qui sont tous cavaliers , mais tels que peuvent être des paysans et qui n'ont aucune discipline militaire ni autres armes que des carabines.

Sous Porte-Conte et Sassari , on n'y a fait aucune fortification; au premier, il y a une tour dans laquelle il y a trois pièces de fer et trois ou quatre hommes. Dans l'autre, il y a sept ou huit pièces de canon et quelques Napolitains qui y font la garde; mais qui serait maître de Cagliari le serait de toute l'ile , dont le gouvernement ne vaut que six mille écus de plat ordinaire.

Les quatorze galères d'Espagne ne sont armées que de quatre à quatre par bancs ; celles de Naples, Sicile et Doria, de trois à quatre, et les ca pi ta inesses, de quatre à cinq, sans soldatesque pour leur défense, et celle qu'elles portent pour débarquer est ordinairement sans autres armes que l'épée et gens pris par force.

Les vaisseaux du duc de Maguédo ne sont que douze , et trois ou quatre marchands; les premiers sont mariniers, et lesdites galères

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