‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 133 sur 171 · V. Ahédék · texte numérisé non relu

V. Ahédék

1)(! Tarin, ce jaio i63^.

J’ajoute qu’il est d’autant plus nétessaire que vous sortiez le plus tôt qu’il se pourra avec les vaisseaux, puisque cela vous servira ici d'une puissante diversion contre les ennemis, auxquels vous donnerez aussi par ce moyen de telles jalousies du côté de Naples et de Sicile, que vous les obligerez à y laisser les forces qu’ils pourraient appeler pour nous faire du mal ici, où ils sont déjà trop puissants; et c’est tout ce i{ue nous pourrons faire avec les troupes qui nous viendront de France

LETTRE DU DlC DE SAVOIE. — JUIN 1637. /i29

que de noos opposer à leurs elTete, car ils attendent encore six mille Allemands.

M. (le Bordeaux, fatigué des nouvcll<» cuntiadictions que M. de Vitry et M. le comte d’Harcourt continuaient d’apporter à .ses ordres, supplie, dans les lettres suivantes, M. de Noyers et M. le cardinal de Richelieu de lui accorder la permission de revenir en France, ou de s’en aller à Rome. Il se démettrait alors de .son <x>mmandementen faveur deM. le comte d’Harcourt. Néanmoins M. de Uordcau.\ envoie à son éminence le plan détaillé des expéditions qu’il voulait tenter, pendant la campagne de 1637, sur Gênes, Porto-Longone, Baïa, Naples, Gaëte, Tunis. Alger, Port-Mahon, Alicante, Cartiiagène et Vigo.

M. de Bordeaux termine en se plaignant de n’avoir aucun pouvoir dans l’armée navale , grâce aux perpétuels conllits d’autorité élevés par It* prétentions de M. le comte d’Harcourt et de !M. de Vitry, et pourtant d’être responsable de tous les faits aux yeux du roi.

LE’TTRE DE M. L’ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX

A. M. DF. FOYERS, PAR LAQUELLE IL S'EXCUSE DP. NB POUVOIR AGIR BS PROVENCE, A CAUSE DE LA JAIX)U.SIF. DP. LA MILTIPUCITÉ DES COMMAN- DANTS, JOINT AUSST QUE SA SANTÉ DETIENT MAUVAISE.

.Monsieur ,

Lr *5 juin

J’ai re<;u quatre dépêches en même temps doul vous m'avez huiioré sur diiTërents sujets; mais comme il n’y en a qu’une qui porte nouveaux ordres, je m'attacherai à répondre seulement à celle-là :

C'est de demeurer ici dans le service avec M. d’Harcourt pour iiii temps, et puis vous me donnerez oixlre de repasser le Détroit; à quoi je vous répondrai, s'il vous plaît, que ipioique je n'aie janaois trouvé

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ütK-un cotumaiidcmeiil du roi dlfTiciie, j’ai trouve celui-ci de telle nature qu’il est hors de mou pouvoir de l’exécuter.

La première raison est que vous me rendez garant de tous les mauvais événements , comme vous avez fait au pr emier dessein des îles , ii celui, d’Oristan et plusieurs autres^ et je iic puis rien contribuer à détourner les mauvaises résolutions, ni à en procui-cr de bonnes, puisque, quoi qui ait été i-é.solu, on le change à la première fantaisie qui prend , et quand on n’aurait point cette humeur , étant à la mer, on ne peut pas concerter étant en dilférents vaisseaux; si bien que toutes les résolutions viennent de celui qui porte le pavillon , et d’aller en même il n’y a nulle apparence.

La seconde , c’est qu’ayant contribué tous mes soins et toute mon industrie à remettre l’armée en même état qu’elle était quand nous sommes partis de ponant, j’en prévois la dissipation dans un mois, par la facilité de M. le comte d’Harcourt et par le mépris qu’il a fait de tous les capiuiines de marine , qui auront peine de servir sous lui.

La troisième, c’est que vous me faites l’honneur de me mander que dans quelque temps vous me commanderez de i*epasscr. Vous me pardonnerez si je vous dis tpi’après que l’armée sera dissipée et cjue les vivres seront consommés au mois de septembre, je ne serai plus en état de le pouvoir faire , et vous peut-être ne serez pas en puissance de m’en redonner.

• La quatrième, c’est que ma santé est devenue si fragile, que d’ajouter à la peine et aux soins de la mer les autres diverses considérations que je mande à son éminence qui me traversent, je ne le puis sans y succomber, outre que tous les médecins m’ordonnent les eaux, sous de grandes peines.

J’ajouterai encore, entre vous et moi, un petit mal domestique dont je vous supplie ne faire part à personne , cjui est qu’en partant de Paris , son éminence m’avait fait faire un don de dix mille écus que M. de Bullion n’a pas voulu qui eût effet qu’au mois de janvier, et elle me commanda de faire le tour.de toutes les mers du roi en' ponant avec les officiers de la marine, sans que j’en aie rien demandé; que depuis le mois de mai jusqu’à la fin de décembre, elle m’a corn-

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