INSTRUCTION A M, DE SABRAN. -^ AOUT
La première, parce que si les troupes demeurent huit jours seulement au Montferrat à attendre les ordres , assurément on n'y trouvera pas un soldat; la deuxième, parce que la république, voyant sur ses <îonfins ces troupes , sans doute se mettra en état d'empêcher un passage qu'elle verra bien que l'on veut prendre ; la troisième raison est que les Espagnols , voyant ces troupes préparées , se mettront aussi en devoir de l'empêcher.
Il y a à considérer aussi , si San-Stefano et Borgo-Val-dt-Taro étant pris, lesdits quatre mille hommes et cinq cents chevaux peuvent passer, et si les troupes des ennemis qui sont maîtres de la campagne ne les déferont point, entrant au Parmesan ou ailleurs.
Il y aurait un autre moyen de secourir Parme , qui est par le moyen de l'année navale; sur quoi on considérera qu'il ne peut aller de la cavalerie par la.
Il faut apprendre du sieur comte Fabio les chemins qu'on peut tenir, les assistances que son S. A. de Parme peut donner, et le temps propre.
On pourra aussi remontrer audit sieur comte Fabio, si de la part de Mantoue on pourrait secourir les États de M. le duc de Parme, en y levant des gens de guerre , ou dans le Ferrarais sous le nom de M. de Parme, ou sous celui de S. A. de Mantoue, qui prêtera son nom pour cet effet, ainsi qu'il a obtenu l'hiver passé pour les deux régiments de ' Pomare et de Canal qui sont à Parme, dont une partie a été levée dans le Ferrarais.
M. de Sabran parlera encore audit sieur comte Fabio de Sabionette , des moyens pour la secourir, et lui dira que j'ai écrit à M. le duc de Mantoue pour cela , et à M. de La Tour pour y jeter deux cents Français; que j'ai écrit aussi à M. de La Tuillerie pour faire oflice vers la république, et au défaut que la république n'y veuille entendre, à M. de Gandalle d'y jeter deux cents Français avec un bon chef, et M. de La Tuillerie a ordre d'avancer l'argent nécessaire pour cela.
M. de Sabran, sur ce que dessus, saura les volontés dudit sieur comte Fabio, et nous les écrira en diligence, afin que l'on presse le plus promptement que faire se pourra ce secours de mon dit sieur le duc de Parme.