CHAPITRE i
Le roî Inmis XIII ëédaare la guerre à PEspagne.' — Iksocnle des Espagnob sur les côtes de Provence. -^ Leurs ^lères , sous les ordres du duc de Femandina et du marquis de Sainte-Croix y s'emparent des tles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat. — Description de ces ûes. — M. de Pont-Courlaj est nommé général des galères , M. le comte d'Harcourt généralissime de Tannée navale , et M. de Sourdis, archevêque de Bordenux, cbef des conseils du roi en l'armée navale. — Plan de cam*pagne pour l'armée navale. «— Instructions du roi données à M*' l'archevêque de Bordeaux par Mf' te cardinal de Richelieu. — Lettres du roi à S. S. le pape , à M. le duc de Florence et àM^fle cardinal de Lyon. — État statistique de la flotte française, — Départ del'iiraDée navale* -^ D^êcke de Hc l'aschevêque de Bordeaux à Msir le cMSlinal de Richelieu sur le passage et la jonction des escadres du Ponant avec celles dû Levant. »- De fUcheoses divisions surviennent entre MM. le marechai de Vitry, le comte d'Harcourt et M^ l'archevêque de Bordeaux. — Arrivée des vaiueaux frae^ais en vue des iles Sainte- Marguerite. *— Combats de la flotte fran^se contre la flotte espagnole. -— Lettre de M^ le cardî»il de Richelieu à M«' Tarchevéque de Bordeaux.
{Janvier — Septembre i636. )
M. le cardinal de Richelieu expose ainsi, dans ses; Mëmoii^es, les causes de la guerre qui fut déclarée à TËspagne , par suite
4 LIVRE L — ÇHAP, L
de Talliance que le roi Louis XIII conclut, le 8 février i635, avec la république des sept Provinces-Unies :
<c Sa majesté fit, le 8 février, un traité de ligue offensive et défensive avec les Hollandais pour prévenir les malheurs qui pouvaient arriver de l'injuste procédé des Espagnols, qui se servaient de tous moyens pour s'agrandir aux dépens de leurs voisins, les tenir divisés entre eux, et rendre la guerre immortelle dans la chrétienté. Il y avait long-temps que lesdits Hollandais sollicitaient cette alliance de sa majesté, et s'étaient depuis quelque temps laissés entendre assez clairement qu'étant las de continuer la guerre , ils feraient la trêve à quelque prix que ce fut , si le roi ne se déclarait ouvertement. Sa majesté avait toujours différé d'en venir à cette extrémité; mais enfin elle s'y sentit obligée , et convint avec les Hollandais que si les Espagnols ne se disposaient à.dies termes raisonnables d'accommodement, ains continuaient dans tes mauvais desseins qu'ils avaient contre la France et lesdits sieurs des États- Généraux , comme le traité passé à Bruxelles le lâ mai dernier avec M. le duc d'Orléans pour mettre la guerre dans la France, la prise de don Juan de Menesses trouvé, le ii septembre dernier, visitant à minuit les entrées et passages du royaume du côté du Languedoc , et l'armement naval qui avait été fait à Naples l'année dernière pour descendre en Provence , et divers autres desseins connus par voies indubitables , le justifiaient au respect du royaume, et les pernicieux desseins qu'ils avaient continuellement entrepris et fomentés de tous côtés à la ruine des Provinces-Unies , avec ce refus qu'ils avaient fait de conditions qui, même de leur part, avaient été proposées auxdits sieurs des États-Généraux le justifiaient à leur égard : la France romprait à guerre ouverte avec lesdits Espagnols , et lesdits sieurs
des États , de leur part , continueraient à leur fidre la guerre de toute leur force, sans qu'ils pussent faire ni paix ni trêve, que d'un commun consentement; qu'ils mettraient en campagne, chacun d'eux , une armée de vingt-cinq mille hommes de pied et cinq mille chevaux , avec l'attirail et le canon "nécessaire à un tel corps, et que les deux armées se joindraient dans les Pays-Bas en un lieu dont il serait convenu, et que pour garder cependant les côtes de la France et de la Hollande, le roi et les États mettraient en mer chacun quinze vaisseaux pour nettoyer la mer océane et le canal , et' tenir les côtes libres , afin que le commerce n'y fut troublé , moyennant quoi sa majesté serait déchargée des deux millions qu elle avait accordés aux États tous les ans par le traité de Tannée précédente. »
Après s'être assuré de l'appui de l'Angleterre et de la neutralité de la Suisse, en ordonnant à. M. le duc de Rohan de s'emparer de la Valteline, le roi s'acquit encore l'alliance des ducs de Parme et de Mantoue , afin de pouvoir tQnir sur la défensive les armées espagnoles. Le duc deSavoie ^^ dont les possessions étaient assises entre la France et le Milanais, et qui, par la position militaire et géographique de ses états, pouvait extrêmement nuire ou servir aux armes du roi , après avoir long-temps hésité, à s'unir à lui, accepta enfin la liaison qu'on lui proposait. Néanmoins le sieur d'Émery -^t envoyé près de ce prince afin de surveiller l'entière exécution du traité qu'il venait de conclure avec la France. Qmnt aux Vénitiens , au pape et aux Génois , ne pouvant compter sur la coopération active de ces puis-
' Carignan , ThomaB-François, de Savoie sivement dans plosiears partis , et y pendant
(priocede), cinquième fils deCharles-Em- vingt ans, il fit la guerre avec succès. Il
manuel , duc de Savoie , na({uit en i5g6 ; son s'unit aux Espagnob en i635 , et eut le cora-
caractère actif et inconstant le jeta succès- mandement de leur armée.
6 UVRB I. — CHAP. I.
sances^ Louis XIII se contenta d'obtenir d'elles (jpi'elles n'entrayeraient pas du moins ses desseins et ses opérations.
Après avoir rassemble et disposé des corps d'armée considérables, pourvu à la défense des côtes et avitaillé les places fortes, le roi , dit M. fe cardinal de Richelieu dans ses Mémoires , <€ envoya commandement le âi avril au sieur d'Amantot, président pour son service en Flandre, d'aller trouver le cardinal-infant, et ensuite le marquis d'Ay tonne, et le président Rose, et leur demander de sa part la liberté de l'électeur de Trêves , de représenter audit cardinal et autres, que le roi avait droit de demander ledit âecteur palace qu'il était ^en sa protection , eto. La réponse dudit cardinal fut qu'ayant fait examiner cette demande, il dÀdarait qu'il ne pouvait ni n'entendait prendre résolution au préjudice de l'électeur, auparavant. d'avoir reçu réponse de l'empereur et du roi d'Espace aux avis qu'il leur avait donnés de ce qui s'était paaaé à Trêves. Ces paroles étaicmit plutôt une défaite espai^ole qu'une réponse catégorique, car il s'était écoulé assez de temps dq[>uis la prise de .l'archevêque de Trêves jusqu'alore pour avoir pu savoir les intentions de
l'^H^ereur et du roi d'Espagne sur ce suj^.
xK L'ambassadeur d'Espagne,- en même temps, se retira d'auprès de S. M« sans prendre congé d'cile ; S. M. ayant reçu la réponse du cardinal-infant, lui envoya un héraut pour lui décl«rer la guerre et lui dire que puisqu'il n'avait pas voulu rendre la l^^erté à l'électeur de Trêves , élect^r de l'empire , qui s'était mis sous la protection de S. M. , lorsqu'il ne la pouvait recevoir de l'empereur ni d'aucun autre prince, et que, contre la dignité de l'empire et le droit des gens , il retenait prisonnier un prince souverain qui n'avait point de guerre contre lui, S. M. kd déclara qu'elle était résolue de tirer raison par les armes de
cette offense qni intéressait tous les princes de la ehrëtien4é. Les; Espagnols, essayèrent de faire &ire qudques pas de clerc audit héraut d'armes du roi , nommé Jean Gratiolet, pour prendre occasion de le traiter mal; ^ lui promettant de kii £ure donner audience du cardinalr-in'Êmt, le pressèrent fort d'entrer dans la ville sans son habit de héraut , lequdl il leur déclara ne pouvoii" quitter , le remettant d'heure en heure pour le faire parler audit cardinal* in£mt; ils Finterrogeaioit en qudle fa* çon il lui parlerait y puis s'il avait bonne commission et avait observé les formalités en entrant dans les Pays-Bas; à quoi leur ayant répondu adroitement ^ il tira Ja déclaration de guerre qu^il avait à Eure smdit cardinal-infant y laquelle il jeta à leurs pieds le 19 mai i63â^ pour ce qu'aucun ne la voulut recevoir^ et partit pour s'en retourner ; et arrivant sur la firontière^ en attadia autant à un poteau au village de Bouilly qui est aux Pays-»Bas, en présence de tous ceux du baurg« s»
La guerre dédkarée^ pendant que les armées du roi étaient employées en>AHemagne j dans la Valtetine, en Lorraine, Italie et Picardie^ le 1 3 sepbbsàxre 1 635, saw les huit heures du matin , les Espagnols parurent en vue des îles de Lerins (Sainte-Marguerite et^Saint-Honorat) ; leur flotte, composée de vingt«<ieux galères , cinq vaisseaux ronds et quelques chaloupes , était commandée par M. le duc de Fernandina , le marquis de Sainte- Croix et le chevalier Lelio de Brancassio. L'ennemi attaqua d'abord l'ile Sainte^Mai^erite , commandée par Jean de Benevent, sieur de Marignac , capitaine au régiment de Cornusson ; mais après une vigoureuse résistance qui dura jusqu'au 1 4 , cet officier fut obligé de rendre la ville aux Espagnols avec une capitulation honorable.
Le même jour , les Espagnols tentèrent une attaque plus im-
portante encore sur le fort de la Croisette , élevé à lextrémité de la cote ferme et séparé des tles par un étroit chenal. Mais cette place, intrépidement défendue par Félite de la noblesse de Provence , ne put être enlevée, et l'ennemi, abandonnant son dessein , rassembla toutes ses forées pour emporter Tile de Sainte Honorât , la seconde des tles Lerins.
Cette île, commandée par François Ëmeric, sieur d'Usech, premier c^^itaine au régiment de Comusson, eut malheureusement le même sort que Fîle Sainte-Marguerite, et se rendit aux Ëspagnob le 1 5 du même mois.
Plus tard les gouverneurs de ces deux places fortes iîir^it arrêtés par ordre du rôi et conduits dans les prisons de la ville d'Aix par le prévôt des maréchaux , accompagné de soixante cavaliers et de près de deux cents hommes de pied. Néanmoins , par arrêt du parlement de la même ville, ces capitaines, après une longue détention , ftireht remis en liberté , et leurs juges reconnurent que ces officiers n'avaient pu résister davantage à
une attaque de forces si supérieures , les îles n'<étant d'ailleurs que médiocrement fortifiées et leur garnison seulcQient composée de deux compagnies de soldats.
Lors de l'attaque et de la prise de ces îles , craignant un débarquement en Provence, M. le maréchal de Vitry *, gouver-
' Vib7(NicolasderHospital),piiisdiicde deCiOndé, il n'eut pas moins de part à la
Vitiy, naquit en i58i, et succéda à son père prise de Sully et de Sancerre. Lors du siège
eni6ii dans la charge de capitaine des gardes de La RocheUe, ce fut lui qui dirigea les
du corps. Il fut fait maréchal de France après opérations militaires. Il fut nomq|^ en . i63 1
i Fassassinat du maréchal d'Ancre , que Vitry gouverneur de Provence, a II avait peu de
^ ettessatellites tuèrent sur le Pont-Neuf, de sens »» dit le cardinal de Rets dans ses Mé-
trcAs coups de pistolet. En 1621, il contribua moires en parlant du maréchal de Vitry ;
avec le comte de Saint-Paul à réduire sous « mais il était hardi jusqu'à la témérité, et
Tobéissance du roi les villes de Château- l'emploi qu'il avait eu de tuer le maréchal
Renaud, de Gien et de Gergeau; Pannée d'Ancre lui avait donné, dans le monde, un
suivante 9 servant sous les ordres du prince certain air d'àfaire et d'ei^écution. »
neur de cette province, se transporta aussitôt sur les côtes, afin d'y organiser un corps de troupes destinées à la protéger. Mais M. le cardinal de Richelieu, voyant les forces navales de Provence trop faibles pour garantir assurément le littoral des insultes de lennemi, chargea M. Fabbe de Beauveau, ëvêque de Nantes, d'arrêter au nom du roi tous les vaisseaux qui se trouveraient à Marseille et dans les ports environnants , tandis que rassemblée des Communes, tenue à Fréjus, fit présent à S. M. de 4o,ooo écus pour aider cet armement, que M. le cardinal de Richelieu voulait mettre en mer au printemps suivant.
Les îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, dont les Espagnols s'étaient emparés au mois de septembre i635, ayant été un des points le^ plus disputés et les plus importants de cette guerre maritime , on donnera , pour la meilleure intelligence du texte , une description de ces places fortes , afin de les montrer telles qu'elles étaient avant et après leur prise par les Espagnols.
Ces îles, appelées d'abord îlesLerins, sont situées sur la côte de Provence ,\à deux lieues de la ville d'Antibes. La plus rapprochée de la terre ferme, l'île Sainte-Marguerite^ est l'île Lero des anciens,* où^ suivant Tacite, Auguste relégua son neveu Agrippa. En 4io, saint Honorât, depuis archevêque d^Arles, choisit cette île pour sa retraite et y bâtit un monastère que d'illustres hommes d'église rendirent bientôt célèbre; parmi eux on cite saint Loup, évêque de Troyes, saint Vincent, saint Maxime , évêque dé Riez , saint Eucher de Lyon , etc. , etc. Il y avait deux sortes de religieux dans le monastère fondé par saint Honorât : les uns vivaient en commun , les autres solitaires et en anachorètes ; ils gardaient les règles prescrites par saint Honorât ou suivaient l'observance des pères de l'Egypte. Quelques religieux habitèrent aussi une. petite île, Saint-Féréol, située à l'extrémité
de celle dont on vient de parler. L'île Sainte-Marguerite, plus grande que l'île Saint-Honorat , avait une lieue et demie de longueur sur une demi-lieue de largeur, et était ordinairement et seulement fréquentée par les pêcheurs et les contrebandiers.
A la pointe du sud de l'île Saint-Honorat on voyait l'abbaye de Bénédictins fondée par ce prélat. Cette abbaye, construite en forme de tour carrée , était revêtue d'une plate-forme armée de quelques canons. £n face de l'abbaye, à la pointe sud de l'île , se trouvaient plusieurs écueils dangereux, entre autres les Picons et les Frères, qui se joignent presque à un îlot appelé Saint- Féréol ; la mer brisant avec force sur ces roches, rend les abords de Saint-Honorat très dangereux.
Le canal* qui sépare l'île Saint-Honorat de l'île Sainte-Marguerite court ouest et est ; on pourrait à la rigueur y passer avec une galère. La terre de Batagnier, extrême pointe nord de l'île Sainte-Marguerite , est séparée du cap de Garoupe ( qui forme à cet endroit la partie la plus avancée de la côte ferme) par un espace d'environ quatre milles ; ce canal est une des entrées de la rade de Gourjan , vaste baie , où peuvent mouiller plusieurs vaisseaux et galères.
Dans son Hydrographie, le père Fournier donne les détails suivants sur la position militaire de ces îles et sur les fortifications que les Espagnols y élevèrent en i635.
<c Tout est inculte dans Sainte -Marguerite, excepté vers la vieille tour et le bâtiment neuf que le sieur de Bellon , i qui M. de Guise avait donné cette île , avait fait faire depuis longtemps. Lorsque les Français l'attaquèrent, il y avait cinq forts : le premier, celui qui enceint la tour , composé de deux bastions entiers et de deux demi-bastions erf forme pentagone à cause des rochers inaccessibles qui sont du c6té du nord avec fossés
et demi-lunes entre ces deux bastions entiers , et où est l'entrée du fort, il y avait une muraille de terre et de fascines. Les Espagnols rappelèrent fort Royal. Le deuxième fort était celui de Monterey , fait en carré à quatre bastions réguliers avec fossés. Une petite muraille de terre et de fascines avec deux demi-lunes , une du côté du fort Royal , où est l'entrée , l'autre du côté du fortin. Le troisième fort était le fort d'Aragon, tirant son nom de la pointe de File ; il fut fait en triangle à deux bastions du côté de l'île, et deux tenailles, une du côté de l'ile Saint-Honorat et l'autre du côté du port de Theoulte avec une demi-lune à l'entrée et des fossés du côté de l'île. Le quatrième, sur la pointe de l'est, fait en carré en forme de redoute avec une batterie de canons à fleur d'eau. Le cinquième , la tour de Batagnier, en forme de demi-lune enceinte de murailles excepté du côté où bat le fort d'Aragon qui la défend- Outre ces forts , il y avait un logement pour la cavalerie qui était à Saint-Martin du côté du Frioul , où il y a un port pour les bateaux qui viennent de Saint-Honorat. Tirant vers le fort Royal , était le port Pinet, où il y a trois ou quatre pieds d'eau , à l'opposite duquel , de l'autre côté de l'île, est le port de Garbonel. Entre Pinet et le fort Royal, est le fortin, où il y en a neuf à dix. Sous le fort Royal, à l'opposite de la Groisette, est le port des Beaux, de trente à quarante pieds , qui est fort assuré tant pour les galères que pour les vaisseaux. Du côté de la tour de Batagnier, il y a deux rochers ou bancs de sable , appelés Liguers. Tirant vers le foW d'Aragon , on trouve encore d'autres rochers ou écueils , appelés les Tigues.
« L'autre île, Saint-' Honorât , était défendue par un fort principal appelé Saint-Honorat , où il y a un très beau monastère de Tordre de Saint-Benoît, et où était la grande église de Saint-
Honorât , et la petite de Notre-Dame. On avait fortifié ce lien en trois bastions entiers et deux demi-bastions, pour en faire un pentagone avec fossés , demi-lune et chemins couverts/Tout autour de l'île, il y avait six chapelles. La première, celle de Sainte-Trinité, qui fîit terrassée avec deux canons , sur la pointe du levant,, vis-à-vis la petite île Saint -Féréol. La deuxième, de Saint-Cyprien et Justine , terrassée avec deux canons à l'entrée du Frioul , vis-à-vis le fort Saint-Martin , où était le logement des chevaux. La troisième, Saint-Michel, devant le Frioul, terrassée avec deux canons. La quatrième, Saint-Sauveur, à lentree du Frioul, du côté du ponant, terrassée avec un canon. La cinquième, Saint-Pancrace, terrassée avec deux canons à la pointe du ponant , vis-à-vis le fort d'Aragon ; et la sixième, celle de Saint-Pierre, détruite pour faire le demi-bastion. Tels étaient la situation et l'état de ces îles, que les ingénieurs espagnols avaient changées en une citadelle continue et forteresse la plus redoutable de toute la Méditerranée. »
Louis XIII, voulant donc mettre en mer toutes les forces navales de France pour défendre les cotes et reprendre les îles Sainte-Marguerite, par un ordre du i5 janvier i636, chargea M. l'archevêque de Bordeaux de <c se transporter par toutes les <c villes maritimes , ports , havres et côtes de Guyenne , Saince tonge , Poitou , Aunis , Bretagne , Normandie et Picardie , « pour ordonner les fortifications et réparations qui seraient <c nécessaires, faire prendre garde aux lieux où l'ennemi pource rait tenter quelque descente , bâtir des tours es endroit9 les <c plus éminens desdites côtes pour y mettre les fanaux qui ser- « vent de signal , lorsque paraîtra l'ennemi , des corps-de-garde , ce afin d'y assembler les gardes-côtes. »
Le I a avril , par lettres-patentes données à Chantilly, le roi