‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 86 sur 160 · LETTRE DE M. FABIO SCOTTI. — JANV · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. FABIO SCOTTI. — JANV

pouvez avoir vu par la copie de la lettre de sadite altesse , traduite en français , laquelle je vous ai envoyée montrer par M. de Frémioourt : c'est pourquoi je vous supplie qu'il vous plaise de pourvoir aux vivres des gens de guerre et chevaux pour un mois a la mer , et six jours à terre , ainsi qu'il est posé par l'ordre du roi , comme aussi aux muni* tions de guerre nécessaires ; et puisque personne que vous^ monsieur^ ne le peut faire ^ M. le maréchal de Yitry disant n'avoir point de munitions de guerre pour pouvoir donner^ vous protestant que si ceci ne se fait promptement, son altesse sera contrainte de s'accommoder à la volonté des Espagnols, au grand détriment de ja gloire de France, du service de sa majesté et ruine totale des intérêts de son altesse. Poui^oi j'ai prié M. de Castellan, maréchal des camps et aimées du roi , et M. de Frémicourt, capitaine au régiment de Brézé et aide-<le-<^mp envoyé par sa majesté pour hâter ce secours , et M. Lequeux, contrôleur général de la marine , de rendre témoignage en temps et lieu de cette mienne protestation , et de m'aider auprès de vous, monsieur, pour parvenir à cet effet tant désiré de sa majesté.

Votre très-humble et trè&-obéissant serviteur ,

Fabio Scotti.

M. de Sabran annonce à M. de Bordeaux que Gênes ayant eu avis de lenvoi du secours de Parme ne s'opposera pas au passage des troupes ; M. de Sabran donne de plus quelques détails sur les armements des Espagnols.

A M. l'archevêque DE BORDEAUX.

De G^es, ce 4 février 1637.

Monsieur ,

J'ai répondu depuis peu de jours à la faveur des vôtres, du 7 , par le patron Rotto , Génois, et ces lignes sont pour vous dire que Spinola a d'ici écrit à Milan , sur les avis qui sont venus de Provence et de

Monaco ^ <{ue l'oa embarquait sur les yslsaeaux six mille hommes et cinq cents chevaux pour le seoonrs* Sur œt avis >. Gènes a tenu, deux conseils secrets y et enfin destiné un commissaire au goUe de la Spesia , où Spinola a éerit et eu avis que le secours doit passer. Sabcan dissimule de savoir rien de rassemblée de G^ies et dit «'avoir anctm avis ni même opinion que secours aille par la , mais a &k l'étonné que Gènes s'en mette en peine^ ne pouvant pas imaginer que .ce soit pour y aider, après ce que Sabran a vu, et ne croyant pas aussi, quand Gènes pourrait, qu'elle osât attirer sur soi œ qui est destiné ailleurs et à son avantage. Et la crainte que l'on a eue que Sabran n'entrAt en des soupçons d'opposition , soit que ce ne soit pas , comme îl y a apparence > le dessein de Gènes, ou que, en casque le secours passât ailleurs, Gènes en doute et le souhaiterait. Gènes ne craigne qu'il ne veste dans l'e^ prit du roi une impression si mauvaise : c'est cause que l'on a fait dire à Sabran que Gènes fermerait les yeux, et qu'il ne faut l'avertir du débarquement que lorsque le secours débarquera, etn'en demander point de licence, suffisant de témoigner que le roi, ne doutant point que Gènes n'appuie plutôt que de nuire à une action où elle a tant d'intérêt avec toute l'Italie, mettant à terre en tel lieu ce qu'il a destiné pour le délivrement du duc de Parme. Et encore que Sabran en veuille user ainsi et qu'on l'ait assuré de toute facilité, il a néanmoins dit que le secours passera* comme ami, où il y trouvera de la disposition; le roi n'en voulant qu'à l'Espagne, qui opprime le duc de Parme avec visible ruine de l'Italie; que je voulais bien croire ce que l'on me faisait entendre , mais que vu les choses qui s^étaient si mal à propos passées, et dont la plaie saignait si fort ici autour, j'attendrais les effets et la réussite pour sortir de défiance. Il n'y a néanmoins nul lieu de douter , car en ne demandant point passage ni débarquement, mais avertissant seulement Sabran, fort de l'affirmative, pour laquelle il faut trois quarts ou quatre quints des vœux pour l'obtenir, on demeure dans la négative ; car ceux qui voudraient faire délibérer en faveur de l'opposition se trouveront en l'affirmative , et Gènes , qui a grand'peur , sera bien aise de persuader au roi que si l'on en eût usé de même ci-devant, de se présenter au lieu de presser un consentement de Gênes , on eh eût usé de

tnéme qu'ii'piféieiitj'cnitrequeGénesai'aupaieu le loisir iiedélibérer^ ni de faire ce qu elle dësîre aussi. Le duc de Mantoue m'a prié. de vous écrire et à M « de Savoie^ pour en faire part aux directeurs de secours^ ([oe si le secours \a au golfe de la Spesia ^ et que Ton désb*e de passer pafi' la Valdemacora Yers la Lunegianay il prie que l'on oonserre ou dmine sauTejgarde s'itest possible aux terres du marquis Ga^rd Ma*laspina ; qui consistent* en trots fiefs iiïipériaux , nommés Treschieto ^ Vie et lera ; ce qui* me &it connaître que y de ce oâté-Ià , il n'y a point d'ordre pour s'opposer , ni préparatif. J'en écris au comte Scotti, et peut-être trouverez-vous à propos d'en confiérer^ et en promettant à Mantoue d'en écrirai je ne voyais pas que l'on eût pensé de ce côté-. là^ et que néanmoins je ne doutais pas qu'en ce cas l'on ne satisfit son désir ^ et qu'aussi l'intéressé ne fit toutes caresses aux passagers. Le duc M alaspina s'est rendu comme sujet du duc de Mantoue , et a épousé une de Mantoue y et s'y est rendu habitant, n'y ayant que sa mère et sœur es susdits lieux.

Je vous donne avis que, par les six galères Doria qui ont accompagné le duc de Ferrandina, l'on attend ici bient<^t huit cents caisses de réaux, et qu*elles passeront vers la Sardaigne, encore qu'elles touchent aux iles ; et ce serait un coup d'ëtat que les vaisseaux en petit nombre , mais en bon état^ courussent par là , et que les galères, avec quelques vaisseaux , se 'fissent un peu sentir, et qu'il y eût près Antibes de quoi veiller a ce que les iles ne soient pas' rafraîchies de vivres, ou vers Yillafranca; car je suis bien averti qu'on y est en nécessité, et qu'une galère de Doria se prépare seule pour y aller porter ce qu'une barque de Naples a apporté chez Gènes pour cet effet ; et qu'il n'y aura jamais de vivres pour deux ou trois mois, du jour cpi'its y en auront porté jusqu'à la récolte ; à quoi il faudra prendre garde, si l'on y a encore quelques desseins. Et l'on s'étonne que les iles agissent impunémtot avec ûeùX briganlins et aient pris une de nos barques et quelques autï'es^bhcfses'et armé éomme en mer.

Ci-oyez , monsieur, que je crains fort que les tiouveaux délais ' pôukle secours, qui pi éjtidicient fort au secret , ne te fassent «ncore bien fort à l'effet et* ne donnent un loisir à TEspagne qui se ]ldurraft éviter. Et

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encore que l'on explique que ceux d'Espagne semblent {M^esser moins le duC/de Parme ^ il y a une opinion d'accord. Croyez , néanmoins, que c'est à un dessein d'être mieux en état de s'opposer au secours , ne désirant que de gagneir.le temps qui a été sans doute compté pour cela ; et enfin la longueur ne peut qu'être en toute façon préjudiciable. L'on n'eût jamais cru qu'il eût dû faire uû si beau mois de {évrier, tout étant sec et chaud : profitons de ce temps s'il est possible, et je n'en tiendrai jamais de nueux employé que celui qui produira des effets véritables y qu'on tient.

Je suis , monsieur ,

Votre très-humble et obéissant serviteur ,

Sàbràn.

P, S, Il y a treate vaisseaux à Roses , où l'on avait fait rentrer bon nombre d'infanterie , dont les deux tiers sont morts de maladie. Et le peu de succès de notre armée persuade néanmoins que , ne pouvant être guère plus faibles qu'ils ont été , ils se garantiront bien encore cette année.

M. le duc de Parme , enfin obligé de s'accommoder avec l'Espagne, chargea M. Morandi d'annoncer oralement cette mesure à M. de Sabran ; la note suivante , confiée au sieur de Morandi par le prince , devait lui servir de lettre d'introduction et de créance auprès du résident de France à Gênes.

LETTRE DU DUC DE PARME

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